Mise au point sur… “Le système”

Tout le monde en parle, mais que veulent dire les prétendants à l’Élysée quand ils parlent du « système » ?

 

Le système, c’est quoi ?

« Un groupe de personnes qui défendent leurs propres intérêts, sans le peuple ou contre lui, au bénéfice de quelques-uns et au détriment des autres. » Telle est la définition que Marine Le Pen, une de ses plus farouches contemptrices, donne du  « système » brocardé par les quatre principaux prétendants à l’Élysée.

La candidate du Front National évoque le peuple dans sa définition, ce qui n’est pas anodin ; la critique généralisée du « système » est indissociable de la montée du populisme en France et en Europe. Le populisme et la rhétorique liée au « système » ont au moins un point commun : ils reposent sur l’opposition binaire, tantôt entre « le peuple » et « les élites », tantôt entre « les candidats du système » et les « antisystème ».

Plus généralement, le terme désigne souvent les mondes politique, médiatique et/ou judiciaire, qui se ligueraient pour préserver leurs intérêts et nuire à ceux d’autrui. Lors des révélations relatives aux affaires Fillon, par exemple, le candidat Les Républicains s’est dit victime d’une coalition politique, médiatique et judiciaire destinée à l’abattre. Marine Le Pen, mise en cause pour des emplois fictifs au Parlement européen, a recyclé le même discours.

 

D’où vient le « système » ?

Historiquement, dès les débuts du Front National, Jean-Marie Le Pen est l’un des premiers à tempêter contre le « système ». En 2015, lors du conflit qui aboutira à son expulsion du Front National, le tribun d’extrême droite juge encore sa fille « manipulée par le système ».

Depuis la campagne présidentielle de 2012, les frontistes ont été rejoints par Jean-Luc Mélenchon sur le créneau de la diatribe antisystème. Chez le leader du Front de Gauche de 2012, devenu chef des Insoumis en 2017, cette dernière se double d’un discours « dégagiste ». Inspiré par les Printemps arabes de 2011, Jean-Luc Mélenchon promet non seulement la fin du « système » mais également le départ définitif de tous ses représentants.

 

Qui en parle aujourd’hui ?

Ce qui est inédit, en 2017, c’est que la posture antisystème s’est généralisée. Elle a été reprise par les quatre principaux candidats à l’Élysée – y compris les plus « conventionnels ». François Fillon, Premier ministre pendant 5 ans, et Emmanuel Macron, ministre de l’Économie pendant deux ans, revendiquent tous deux leur non-appartenance au « système ». Pour eux, l’enjeu est d’apparaître comme garants du renouveau. Après l’éviction d’Alain Juppé, de Cécile Duflot, de Manuel Valls ou de Nicolas Sarkozy, et le renoncement de François Hollande, les temps sont durs pour les politiciens au long cours et les énarques. D’où la tentative de se présenter comme des hommes neufs, extérieurs au « système ».

 

Un petit récap’ ?

Le « système » est combattu par les candidats de droite, de gauche et des extrêmes en 2017. Si sa définition est floue, elle repose sur l’opposition binaire et le soupçon de collusion entre les mondes politique, médiatique et judiciaire.

 

Damien Gaudissart


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