Comment les Français s’informent-ils pendant cette campagne?

À l’approche du premier tour, les candidats mettent toutes les chances de leur côté pour séduire les citoyens. Il faut surtout convaincre les indécis, aussi bien sur les réseaux sociaux, lors des débats et émissions, que durant les meetings.

 

Premier constat : c’est une élection présidentielle qui passionne les Français: 82 % des Français se disent intéressés alors qu’ils étaient 73 % en 2012. Un fort intérêt donc, mais une indétermination inédite. 72 % des français sont certains d’aller voter et exprimer une intention de vote et 28 % comptent s’abstenir.

 Comment s’informent-ils sur la politique nationale?

Aujourd’hui, 38 % des Français s’informent par internet (dont 17 % par les réseaux sociaux : Facebook en tête). Cependant, les plus âgés privilégient les médias d’information traditionnels en écoutant la radio et en regardant la télévision, d’après une enquête Médiamétrie.

Selon Pierre Mathiot, enseignant chercheur en politique à Sciences Po Lille, les Français s’informent en majorité par la télévision (notamment par les journaux télévisés du soir). « Prenons l’exemple de l’Émission Politique sur France 2 avec Macron comme invité. En sachant qu’il y a eu une audience de 5,5 millions de téléspectateurs pour 47 millions d’électeurs français, cela représente à peu près un électeur sur neuf. Même si le chiffre paraît conséquent, il représente une petite audience par rapport au nombre d’électeurs », explique-t-il.

Même si la radio et la presse écrite restent les médias qui fournissent l’information la plus fidèle à la réalité et la plus crédible aux yeux d’une majorité de Français. Preuve que les français sont intéressés par la politique, les émissions telles que « Demain Président » sur TF1, « L’Emission Politique » sur France 2 ou encore les débats politiques entre candidats réalisent des audiences massives. Le lundi 20 mars, le premier débat de l’élection présidentielle a enregistré près de 10 millions de téléspectateurs. Lors du grand débat à 11 sur Cnews et BFM TV, six millions de personnes étaient au rendez-vous.

Politologue, compteur de fans des candidats pendant le grand débat

Politologue, compteur de fans des candidats pendant le grand débat

À tel point que certaines personnes ne regardent pas la télé, mais sont quand même indirectement informées par le biais d’internet, de discussions entre amis de rebondissements politiques qui ont eu lieu. Ce fut le cas pour l’attaque de Poutou sur les affaires de Fillon et de Le Pen, lors du grand débat. Ce fut aussi le cas de Nicolas Dupont-Aignan qui refusait de rester sur le plateau de TF1 car il estimait que faire débattre uniquement les grands candidats relevait d’une forme d’injustice. C’est d’ailleurs ce genre de « buzz médiatique » que relaient les médias comme Brut (mettre lien hypertexte) plateforme en ligne, à destination d’un public jeune dont le contenu est disponible sur les réseaux sociaux.

Outre par le biais des médias traditionnels,  les français s’informent autrement, notamment sur les réseaux sociaux. En plus d’être déterminante pour la France, cette élection politique se démarque des précédentes en raison du rôle décisif qu’y jouent les réseaux sociaux. Ils bouleversent la campagne et vont même jusqu’à contourner, voire influencer les médias traditionnels. Encore plus qu’en 2012, Facebook, Twitter et YouTube sont devenus incontournables. Le candidat de la France Insoumise affiche plus d’1 million d’abonnés Twitter. Mélenchon et Le Pen se démarquent des autres candidats par leur communication politique car ils se servent des réseaux sociaux à part entière. Les autres candidats, eux, favorisent une communication classique par le biais de relais des informations (avec les émissions politiques, les débats, les articles de presse écrite).

Les sites et applications mobiles de la presse écrite prennent une place croissante, tout comme les réseaux sociaux. L’utilisation d’Internet est paradoxale, elle progresse malgré la méfiance à son égard. Cette antinomie s’explique par les rumeurs relayées sur le net. Alors que 73 % des Français estiment ne pas avoir confiance dans les informations circulant sur les réseaux sociaux, 83 % disent avoir déjà repéré de fausses informations ou rumeurs sur Internet (les fausses informations véhiculées sur l’immigration et alimentées par la « fachosphère » notamment). Les français comptent tout de même sur les médias pour l’élection présidentielle, 78 % accordent un rôle important aux médias.

Aujourd’hui, beaucoup de sondages sont publiés par différents instituts et diffèrent parfois selon les intentions de vote. Régulièrement critiquées pour leurs erreurs, les enquêtes d’opinion sont parfois accusées de créer des « bulles » autour de certains candidats. En effet, les sondages comptent dans la popularité des candidats. D’après l’étude Ipsos-Sopra Steria, 67 % ne tiennent pas compte des sondages, 23 % en tiennent moyennement compte et 10 % n’en tiennent pas compte.

Les professions de foi ne sont pas toujours attendues avec grande impatience par les électeurs. Selon Pierre Mathiot « les professions de foi des candidats représentent une part très marginale, l’immense majorité des gens se font une opinion sur une partie extrêmement petite du programme. D’autres votent sur d’autres critères comme l’apparence, l’éloquence. Les citoyens n’ont pas une connaissance fouillée des programmes. » Le tractage, méthode traditionnelle, reste complémentaire aux professions de foi et continue de mobiliser les citoyens. L’avantage reste le contact direct entre le militant et les individus.

Amale Ajebli

 
   

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