Nathalie Arthaud était en meeting à Lille le 19 avril.

Vol au-dessus d’un nid de coco

Mercredi 19 avril, Nathalie Arthaud a rallié à Lille une centaine de personnes pour son dernier meeting de campagne. En 2017, beaucoup jugent le communisme inadapté à notre époque. Pour les électeurs, aucun ajustement n’est possible. « Leur » communisme est celui d’il y a 100 ans.

 

Drapeaux rouges sur fond rouge. Dans le petit local lillois, les partisans sont tous tournés vers le pupitre. Ils attendent Nathalie Arthaud. Qu’ils brandissent un exemplaire de Lutte ouvrière ou saluent simplement leurs amis, ils n’ont qu’un but : réveiller la fibre communiste. Nathalie Arthaud est l’unique candidate à se revendiquer de cette idéologie. Dans son programme, on peut lire qu’il faut « mettre fin à la propriété privée des moyens de production ». Ses soutiens l’affirment : le communisme est la seule manière de relever les défis actuels. Rémi, 22 ans, n’a pas connu le communisme du XXème siècle. Il en est pourtant sûr : « le communisme est une nécessité ». Il est conscient que « les rapports entre les gens ont changé » depuis le siècle précédent, mais voit dans une organisation moins verticale du travail et de l’État une solution pour « faire en sorte que tout le monde ait accès à la nourriture, aux soins au logement ».


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Dans la salle, une grande majorité de jeunes. Tous se revendiquent des luttes ouvrières. Et cela même si le communisme ils ne l’ont « encore jamais vu », reconnaît Isabelle, professeure d’histoire au lycée. Sauf peut-être dans des manuels de cours. À l’école, on voit très peu les « dix premières années de la révolution russe », regrette Rémi. Il ne sait pas si un communisme version 2017 ressemblerait à celui de 1917, ni s’il s’installerait « dans les mêmes normes ». Mais les urgences sont les mêmes.

Deux partisans de Nathalie Arthaud, à Lille le 19 avril.

Deux partisans de Nathalie Arthaud, à Lille le 19 avril. Photo : M. KHIDER

Bruno, fraîchement retraité, a connu (de loin) le communisme. S’il condamne les agissements du « Petit père des peuples », pour lui, « oui, le communisme, c’est Staline ». Il n’adhère pas à cette dérive du mouvement, mais admet que « la révolution, ca tourne souvent mal. Il faut parfois être violent ».

Pour les jeunes comme pour les plus anciens, si la société a évolué, la situation des travailleurs stagne. L’exploitation est toujours de mise. Les « Mulliez et Dassault » se gavent, les « plans sociaux » se multiplient. Les patrons aggravent « le sort des travailleurs ». C’est pourquoi ceux qui mettront Arthaud dans l’urne défendent un communisme très « traditionnel », qui peut sembler peu adapté à l’époque et aux institutions actuelles. La priorité irait à la « suppression de la notion de profit », à la construction d’une économie « organisée sur des bases collectives et sur l’expropriation des grands groupes ». De quoi placer un Mélenchon à droite.

Maïlys Khider


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