Terrorisme : les propositions des candidats

EN CAMPAGNE. Juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, l’attentat qui a coûté la vie à un policier sur les Champs-Élysées bouleverse la campagne. Retour sur les propositions des candidats pour lutter contre le terrorisme.


Philippe Poutou et Nathalie Arthaud – Stop aux interventions extérieures

Le candidat du NPA – à l’instar de Nathalie Arthaud – souhaite mettre fin aux opérations militaires françaises à l’étranger mais aussi arrêter la vente d’armes à des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, « dont on sait qu’ils sont les financeurs du terrorisme international », estime le candidat anticapitaliste.

Sur le plateau de France 2, Philippe Poutou a rappelé son engagement de désarmer la police : « On veut désarmer les policiers car ils agressent dans les manifs, les jeunes et les quartiers populaires. […] On a vu ce qu’il s’est passé lors des manifestations de la loi Travail, il y a des agressions de la police. »

 

Marine  Le Pen – Déchéance de nationalité de toute personne liée au terrorisme

Lors de la dernière émission politique hier soir sur France 2, David Pujadas avait rappelé à Marine Le Pen que Salah Abdeslam, l’un des responsable des attentats du 13 novembre 2015, était français. Aussi la candidate du Front national souhaite supprimer le droit du sol et permettre la déchéance de nationalité pour les étrangers devenus français grâce au droit du sol.

Lors de son discours depuis son QG de campagne, après l’attaque sur les Champs-Élysées,  Marine Le Pen a appelé à « l’expulsion de tous les fichés S immédiatement » et à appliquer l’article 411-4 du code pénal en plaçant en détention préventive « tout Français lié à une organisation étrangère suscitant des actes d’hostilité ou d’agression contre la France et les Français ».

La candidate frontiste entend aussi créer près de 15 000 nouveaux postes de fonctionnaires de police. Marine Le Pen lie également la lutte contre le terrorisme avec la lutte contre l’islamisme et propose « la dissolution des structures associatives, culturelles ou cultuelles qui font la promotion ou financent l’idéologie du fondamentalisme, notamment l’UOIF ».

 

Emmanuel Macron – Créer une « task force anti-Daech »

Le candidat d’En Marche a affirmé sur RTL ce matin : « Moi, je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit. » Il avait également rappelé dans l’émission 15 minutes pour convaincre jeudi soir sur France 2 que « le risque zéro » n’existait pas. À travers sa « task force anti-Daech », Emmanuel Macron propose une force d’intervention qui serait active 7j/7 et 24h/24, auprès du président de la République et en charge de la coordination des services de renseignement. L’ancien ministre de l’économie abandonne l’idée de la déchéance de nationalité qui avait été défendue par le gouvernement socialiste. Le candidat entend aussi créer 10 000 postes de fonctionnaires de police.

 

François Fillon – Contrôle des frontières

Le candidat Les Républicains propose lui aussi la déchéance de nationalité à tout Français parti combattre à l’étranger dans les rangs d’organisations terroristes.  Les étrangers proches de réseaux terroristes seraient expulsés du territoire national et soumis à des peines renforcées pour les atteintes à la sécurité nationale.

Comme de nombreux autres candidats, François Fillon souhaite renforcer les moyens du renseignement, mais cette fois dans le cadre d’une coopération européenne via Europol et Eurojust. Position également défendue par Jacques Cheminade.

Pour le candidat LR, la lutte contre le terrorisme passe également par le renforcement des frontières de l’espace Schengen,  par des garde-côtes et une plus grande utilisation de Frontex. François Fillon propose enfin un accès total au méga fichier sur les données des passagers aériens (PNR) et la mise en place d’une carte d’identité biométrique.


Jean-Luc Mélenchon – Punir les financeurs du terrorisme

Le candidat de la France insoumise défend lui la création de 10 000 personnels supplémentaires dans les forces de l’ordre.

Jean-Luc Mélenchon promet de réhabiliter la police de proximité au lieu de la vidéosurveillance. Il est également question de mettre fin à l’opération Sentinelle et à la politique du chiffre dans les commissariats. L’Humain d’abord donc, y compris en matière de renseignement au détriment de la captation de données.

Le candidat de gauche souhaite aussi instaurer une peine de déchéance des droits civiques en cas de fraude fiscale ou d’activités illicites permettant le financement d’activités terroristes.

 

Benoît Hamon – Repenser l’état d’urgence

De son côté le candidat PS propose :

  • La création de 9 000 postes de policiers et de gendarmes, et d’un appel aux réservistes.
  • Il souhaite que des poursuites soient engagées pour les personnes ayant participé à des camps d’entraînement terroriste à l’étranger.
  • L’interdiction du territoire des suspects candidats au djihad.
  • La création d’un délit d’entreprise terroriste individuelle.
  • Le renforcement des contrôles d’accès aux lieux publics et aux transports en commun.
  • La  fermeture des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence.
  • Une loi de programmation sur la sécurité intérieure pour amplifier les moyens du renseignement. Le socialiste veut aussi proposer un débat parlementaire sur l’état d’urgence.
  • Un débat parlementaire sur l’état d’urgence

 


Les autres candidats

Nombreux sont ceux qui proposent aussi un renforcement des effectifs de police et des moyens du renseignement.

Jean Lassalle souhaite créer une cyber-armée et rouvrir une ambassade en Syrie pour « aller chercher le crime à l’endroit même où il prononce son premier mot ».

François Asselineau défend lui une politique « préventive et curative du terrorisme »D’une part:  « préventive, par un retrait de l’OTAN, un rappel de nos troupes et de nos conseillers engagés dans des guerres illégales sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU ». D’autre part : « Curative, en restaurant l’autorité de l’État, en augmentant le budget de la police et de la gendarmerie et en luttant efficacement contre le trafic d’armes lourdes dans certains quartiers difficiles, en adoptant une politique judiciaire d’une très grande fermeté vis-à-vis des délinquants fichés S », précise le candidat de l’UPR dans son communiqué publié au lendemain de l’attaque des Champs-Élysées.

Nicolas Dupont-Aignan souhaite lui incarcérer systématiquement les fichés S et « même les chercher dans les cages d’escaliers » comme il l’a affirmé sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC au lendemain de l’attentat. L’auteur de l’attaque des Champs-Élysées n’était pourtant pas fiché S.

Quentin Duval


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