François Fillon : l’impossible campagne

EN CAMPAGNE. En dépit des affaires qui le poursuivent, François Fillon revient parmi les favoris. Retour sur une campagne plus que chaotique.

 

25 janvier 2017 : le Pénélopegate renverse la tendance. Discrédité, le candidat LR passe du statut de futur gagnant à celui de futur perdant. Son boulevard vers la victoire se transforme alors en chemin de croix.

Le 2 février, dans les Ardennes, d’anciens sympathisants l’insultent à son passage : « Fillon démission ! », « Voleur, enfoiré ! » Les jours suivants, à Troyes, dans l’Essonne et le Poitou-Charentes, il est reçu par des concerts de casseroles. Même scène à Tourcoing, ville qui l’avait plébiscité lors de la primaire de droite. Les manifestations s’étendent jusqu’à la Réunion, où quelques militants pro et anti-Fillon s’accrochent avant sa venue. Désormais, attaques, quolibets et casseroles l’accueillent immanquablement. Peu à peu, l’ex-ministre évite les lieux ouverts, privilégiant les meetings. Excédé, il finit par cacher ses visites jusqu’au dernier moment, ou change de programme sans prévenir.

De grand favori, le voilà « candidat empêché », prêt à mentir pour se protéger. Si reconquête il y a, celle-ci ne prend pas.

 

Salon et convocation : un tournant

Arrive le Salon de l’Agriculture, rendez-vous incontournable pour tout prétendant à la présidence. Surprise… Attendu le matin du 1er mars, François Fillon “reporte” son passage Porte de Versailles : sa convocation en vue d’une mise en examen circule sur toutes les chaînes de télé. Et en contradiction avec ses précédentes affirmations, il annonce maintenir sa candidature à l’élection présidentielle. C’est après cette déclaration qu’aux alentours de 15 heures, l’ex-Premier ministre se rend finalement au Salon, où éclatent des empoignades entre ses partisans et ses détracteurs. Dans les jours qui suivent, certains de ses soutiens l’abandonnent. Les Républicains envisagent un plan B en la personne d’Alain Juppé ou François Baroin. François Fillon résiste, maintient ses positions et, le 5 mars, organise un rassemblement place du Trocadéro, manifestation d’envergure visant à prouver qu’il n’est « pas seul ». Et ça marche. Suite à cet événement, face aux pressions de son parti, l’ex-ministre s’impose.

François Fillon au Salon de l’Agriculture. Photo : T. SAMSON

Pas de remontée sans accros

Or la route reste longue… La haine des fillonistes envers les médias s’intensifie. Les altercations avec les journalistes deviennent monnaie courante dans les rassemblements du candidat, écornant son image. Les casseroles non plus n’ont pas disparu. D’après France Info, lors d’un meeting dans le Vaucluse : « Toute la signalétique qui menait au meeting a été recouverte de tags sur lesquels on pouvait lire “Fillon voleur”, “Fillon, rends les millions”. Devant la salle, des dizaines de personnes étaient encore présentes, armées de casseroles, obligeant encore une fois François Fillon et son entourage à rentrer par une porte dérobée. » Le 17 mars, un étudiant affirme s’être fait tabasser parce qu’il n’a pas chanté la Marseillaise au meeting de Caen. Le 27 mars, le candidat annule sa visite à Saint-Nazaire et change de train pour semer les manifestants. Le 14 avril, à Toulouse, trois personnes sont exclues du meeting pour « manque d’enthousiasme ».  Réponse de l’équipe Fillon : « Ces gens […] avaient une attitude de neutralité qui pouvait les rendre suspects. »


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Ne plus parler des affaires

Survient alors une nouvelle polémique. Le conflit entre François Fillon et Jean-Jacques Bourdin, l’animateur de l’interview politique sur RMC. En refusant l’”entretien d’embauche” du présentateur, le député de Paris provoque un tollé général. Selon le journaliste, François Fillon aurait décliné l’invitation car, à quelques jours du premier tour, il ne veut plus parler des affaires judiciaires qui ont pollué sa campagne : « Il estime qu’on ne peut plus l’interroger. Les absents ont toujours tort dans la vie », ajoute Jean-Jacques Bourdin. François Fillon rétorque en dénonçant un « mensonge et des insultes ». Toujours est-il que, le mercredi 19 avril, l’histoire se répète : à l’instar des autres candidats, Le Monde demande au candidat LR un entretien. L’entourage de l’ancien Premier ministre donne son accord, à une condition : pas de questions portant sur ses affaires. Refus du quotidien. L’entretien est annulé.

Le matin même, François Fillon reporte sa visite à “l’École 42” pour se rendre chez Deezer. Raison officielle : sa sécurité. Raison officieuse : l’accueil hostile que les étudiants lui réservaient. Visiblement, l’entreprise de streaming musical n’a pas été le meilleur des plans B : dans ses bureaux, plusieurs ordinateurs avaient en fond d’écran le message « rends l’argent ».

 

Clémence d’Halluin


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