Pesticides

Tous contaminés ?

EN CAMPAGNE. 60 millions de consommateurs publie une enquête sur les perturbateurs endocriniens. Ils ont inspecté les cheveux de 43 enfants âgés de dix à quinze ans, issus de villes ou de campagnes. On a retrouvé sur chacun d’entre eux des substances polluantes. En moyenne, 34 contaminants ont été décelés sur chaque enfant.

 

Interrogée par nos confrères de France Info Victoire N’Sondé, la journaliste ayant mené l’enquête, évoque un « risque sanitaire sérieux ».

L’écologie n’a pas été au centre des débats durant cette campagne mais quelques candidats se sont quand même penchés sur cette question. Lesquels s’engagent le plus contre les perturbateurs endocriniens ?

 

Perturbateurs endocriniens

 

Qu’est-ce que les perturbateurs endocriniens?

Ce sont des produits naturels ou présents dans les pesticides, les appareils électroniques ou les cosmétiques, qui perturbent le fonctionnement hormonal des individus.
Ce sont principalement les perturbateurs endocriniens chimiques qui posent problème.
Ils sont soupçonnés de causer des troubles de la reproduction, des malformations ou certains cancers.
Les perturbateurs endocriniens les plus connus sont des plastifiants comme le bisphénol A (dont l’utilisation dans la fabrication des biberons a été interdite en France en 2010) ou des isolants électriques comme les polychlorobiphényles ou PCB (interdits en France depuis 1987), des insecticides (comme le DDT interdit dans les années 1970-1980) ou encore des produits utilisés en cosmétique comme les parabènes.
La contamination par des perturbateurs endocriniens passe principalement par la pollution dans l’air, la nourriture, les produits ménagers ou les cosmétiques.
Aujourd’hui, la définition des perturbateurs endocriniens est jugée trop souple. De nombreux Etats militent au niveau européen pour définir plus précisément et encadrer l’usage de ces produits. La Commission européenne devait se pencher sur le sujet le 28 février 2017 mais n’a pas proposé une définition unanime.
(Source : Anses, OMS)

 

 

Qui a les chocottes ?

Benoît Hamon est le plus radical sur cette question. Sur France 2 en décembre dernier il assure vouloir « interdire les perturbateurs endocriniens ». Il parle d’une explosion des cancers directement liés à une perturbation du système hormonal.

Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a développé un programme de transition écologique. Dans cette logique, il souhaite interdire les pesticides les plus dangereux et « mettre un terme à la présence de ces substances dans de nombreux produits de consommation courante ». À Brest, en février dernier, l’ancien sénateur vilipendait les lobbys des industriels qui empêcheraient selon lui toute législation européenne sur le sujet.

Philippe Poutou est du même avis : « Toutes les substances dangereuses pour la santé humaine, dont évidemment les perturbateurs endocriniens, doivent être interdites ».

Nathalie Arthaud s’est dite très préoccupée par cette question et demande que des lois soient promulguées. Mais elle n’a pas donné de précisions sur le contenu d’une telle loi.  

 

Qui en profite pour changer de sujet ?Pesticides 2

Marine Le Pen l’assure : Le Frexit permettra de régler la question. Dès que la France aura « retrouvé sa souveraineté », elle pourra « faire toute la transparence sur le sujet pour protéger la santé et le bien-être des Français ».

Jean Lassalle lie cette problématique à l’agriculture – son électorat privilégié – en déplorant le « grand usage des pesticides ». Le candidat indépendant accuse « la Politique agricole commune [PAC] et le ministère français de l’agriculture [de nous avoir] orientés vers un productivisme à tous crins ».

 

Pesticides 3Qui ne se mouille pas trop ?

Emmanuel Macron ne croit pas en une interdiction de tous les perturbateurs endocriniens. Élu, il promet d’interdire ceux dont le « risque sanitaire est avéré ». Il se différencie de ses rivaux en souhaitant créer un site d’information sur le sujet, « particulièrement pour les produits commercialisés à destination des enfants et des femmes enceintes ».

 

François Fillon est convaincu des « méfaits des perturbateurs endocriniens sur la santé ». Il entend déléguer à des agences nationales le soin d’informer les citoyens des dangers de ces substances.  

Jacques Cheminade n’évoque pas la question dans son programme, il s’en remet à la recherche et estime qu’il est « trop tôt pour conclure ».

François Asselineau quant à lui souhaite appliquer « le principe de précaution » c’est-à-dire attendre les conclusions scientifiques pour légiférer sur la question. Dans le doute, il préconise de « restreindre grandement leur utilisation ».

Nicolas Dupont-Aignan, « extrêmement préoccupé par le sujet » souhaite plutôt miser sur la prévention par des « cours de santé-bien-être ».

Iris Ouedraogo


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