Les candidats ne perdent pas le Nord

EN CAMPAGNE. Ils y sont (presque) tous passés. Chacun à leur façon, les candidats à l’élection présidentielle se sont succédé sur les terres nordistes. De Bergues à Arras en passant par Lille, Amiens ou Hénin-Beaumont, les Hauts-de-France sont un passage stratégique avant d’accéder à l’Elysée. Passage en revue des raisons de cet attrait pour la région.

 

1 – Une région peuplée et abstentionniste

Avec 6 millions d’habitants, soit 9% de la population française, les Hauts-de-France sont la troisième région la plus peuplée du pays. Un réservoir de voix non négligeable pour les candidats à l’élection présidentielle. Et encore plus lorsqu’il s’agit d’électeurs indécis. L’élection présidentielle de 2012 a révélé une forte abstention dans les départements du Nord (22,11%) et du Pas-de-Calais (20,36%), deux départements parmi les plus abstentionnistes de France. Un territoire plus que jamais convoité à l’heure où les Français s’apprêtent à participer à l’une des élections les plus imprévisibles de la Vème République.

 

2 – Une région très médiatisée

Les camps de migrants de Calais et Grande-Synthe, la ferme des Mille Vaches ou encore l’usine Whirlpool d’Amiens font bien souvent la une des journaux. Des lieux de déplacement stratégiques pour les candidats qui souhaitent montrer leur compréhension des enjeux politiques ou illustrer un point de leurs programmes.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise, a par exemple improvisé, le 8 janvier dernier, un déplacement express dans la région. Quelques jours seulement après la médiatisation du cas d’une jeune caissière qui a porté plainte contre sa direction après avoir fait une fausse couche sur son lieu de travail, le candidat s’était empressé de critiquer le rythme de travail dans les grandes entreprises.


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3 – Un territoire électoralement favorable

Près de 42%. C’est le score du Front national lors du second tour des dernières élections régionales dans les Hauts-de-France. Défaite par Xavier Bertrand, pour Les Républicains, la présidente du FN Marine Le Pen y a cependant réalisé l’un des plus gros résultats de son parti. Seule sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, a fait mieux au second tour en région PACA en rassemblant 45% des suffrages. Malgré la défaite, ces résultats renforcent l’assise du FN dans la région et conduisent à de fortes mobilisations à chaque déplacement de la candidate frontiste dans les Hauts-de-France : 5 000 personnes étaient venues l’applaudir, le 26 mars, au Zénith de Lille.


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4 – Un ancrage local

Pour certains candidats, se déplacer dans le Nord relève de l’évidence. C’est assurément le cas de Marine Le Pen. Elue municipale FN d’Hénin-Beaumont de 2008 à 2011, mais surtout conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais, puis des Hauts-de-France, depuis 1998, la candidate ne cesse de revendiquer son attachement régional. C’est d’ailleurs depuis Hénin-Beaumont que Marine Le Pen a décidé de s’exprimer après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

Emmanuel Macron aussi est un des “locaux de l’étape”. Natif d’Amiens (Somme), mais aussi haut fonctionnaire à la préfecture de l’Oise à sa sortie de l’ENA, le candidat d’En Marche aime rappeler ses origines picardes. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ancien ministre de l’économie a choisi Amiens pour lancer officiellement, le 6 avril 2016, son nouveau mouvement politique.

 

 

Néanmoins, à l’occasion d’une visite en janvier dans la cité minière du Fond de Sains, près de Nœux-les-Mines, Emmanuel Macron a créé la polémique. « L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier (…) Tout comme l’échec scolaire, il faut traiter cela en urgence afin de rendre le quotidien de ces personnes meilleur » avait t-il déclaré pour expliquer les causes de l’explosion du chômage dans le Nord. Un constat bien mal accueilli dans la région.


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5 – Des alliés et des symboles politiques

Quel est le point commun entre Charles de Gaulle, Pierre Mauroy et Roger Salengro ? Ils sont tous originaires des Hauts-de-France, certes, mais ils sont surtout les personnages politiques les plus cités par les candidats à l’élection présidentielle en visite dans la région. Benoît Hamon, qui a organisé deux meetings à Lille, a profité de ces déplacements pour saluer la mémoire de certaines figures du socialisme.

François Fillon, quant à lui, n’a pas hésité non plus à invoquer le général de Gaulle. Il faut dire que la présence de la maison natale du Général, à Lille, n’y est pas étrangère. Le candidat Les Républicains y a d’ailleurs déjà fait une visite en novembre dernier lors de sa venue pour la primaire de la droite et du centre.

 

 


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Mais pour relancer une campagne, rien de tel que de recevoir en main propre le soutien de poids lourds actuels de la politique. Dans les Hauts de France, la maire de Lille, Martine Aubry, est un soutien de la première heure pour le candidat socialiste Benoît Hamon. De même pour Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, pour Marine Le Pen ; Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, et Natacha Bouchart, maire de Calais, pour François Fillon ; François Xavier Villain, député du Nord et soutien du candidat de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, ou encore Sylvie Brachet, maire de Bergues pour Jean Lassalle.

 

Valentin Dépret


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