Marine Le Pen au second tour, le « front républicain » s’organise

EN CAMPAGNE. Les réactions politiques se multiplient après cette soirée électorale inédite, qui a vu l’effondrement des deux partis de gouvernement et la qualification d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.

Sur les plateaux de télévision high-tech, la pré-soirée électorale s’éternise. À l’antenne, les mêmes images de candidats rentrant dans leur QG de campagne se succèdent. À 20h, c’est la libération. Les premières estimations tombent.

 

Les deux partis de gouvernement éliminés

Sur France 2, le couperet tombe. Les deux partis de gouvernement de la Vème République ne seront pas représentés au second tour. Les hologrammes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen apparaissent à l’écran, crédités respectivement de 23,7 % et 21,7 % des voix, selon Ipsos Sopra Steria. François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont quant à eux crédités tous les deux de 19 %. Benoît Hamon, loin derrière, n’obtient provisoirement que 6,2 % des suffrages.

Sur les plateaux, les mines des invités de droite comme de gauche se défont. David Pujadas donne immédiatement la parole à Jean-Pierre Raffarin, remarquant « la mine éteinte des mauvais soirs » de l’ancien Premier ministre. D’un ton grave, celui-ci appelle sans ciller à voter pour Emmanuel Macron.

Sur LCI, Gilbert Collard raille ce premier ralliement : « On ne veut pas de momie politique qui nous soutienne. Nous, on ne fait pas le trottoir électoral. »

 

L’extrême droite jubile

Les responsables du Front national savourent leur place au second tour. Dès l’annonce des résultats, Marion Maréchal-Le Pen parle « de grande victoire idéologique, celle des patriotes », et espère « que beaucoup se tourneront vers Marine Le Pen contre le candidat de toutes les gauches, héritier de Hollande ». Louis Aliot évoque « deux choix de société, deux projets différents. »

Selon le vice-président du Front national, il s’agit de savoir si l’on veut « continuer comme avant ou changer radicalement », dénonçant ceux qui, à gauche et à droite, travaillent « main dans la main pour sauver leur système. » L’ambiance est à la fête : après le discours de Marine Le Pen, Pierrette, sa mère, esquisse des pas de danse devant les caméras.

Divergences d’estimation

L’incertitude de cette campagne n’a pas pour autant complètement pris fin. À 20h précises, TF1 a elle aussi dévoilé les estimations de ses organismes de sondage, Kantar Sofres OnePoint. Elles sont plus prudentes, et placent Emmanuel Macron et Marine Le Pen à égalité à 23 %. La porte-parole de la France insoumise, Raquel Garrido, ne voulant pas encore reconnaître la défaite de son candidat, saute sur l’opportunité : « C’est une erreur de la part du PS et des Républicains de s’engouffrer dans la stratégie du “front républicain” ».

 

Ralliements en cascade

L’appel à la retenue de Raquel Garrido devient, au fil de la soirée, lettre morte. Les soutiens à Emmanuel Macron se multiplient. Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin ou encore Luc Chatel… la droite républicaine appelle à voter pour le candidat d’En Marche ! au second tour.

Pas Laurent Wauquiez. Lui s’est positionné sur une autre ligne. Il a simplement appelé à ne pas voter Marine Le Pen, sans toutefois donner de consigne de vote. Invité sur France 2, il explique qu’Emmanuel Macron ne partage pas les mêmes « convictions », et n’apporte pas les mêmes « réponses ». Il analyse froidement la défaite de François Fillon: « On paie cher les affaires ».

Le crépuscule de la gauche

La gauche socialiste emprunte elle aussi rapidement le chemin du « front républicain ». Son candidat Benoît Hamon s’est exprimé en premier, dès 20h10, presque en catimini :  « J’assume cette défaite », a-t-il déclaré, évoquant une « Vème République à bout de souffle. Vous attendez une renaissance. Ce soir, elle est douloureuse. Demain, elle sera féconde. J’appelle à battre l’extrême droite et à voter Emmanuel Macron ».

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve lui emboîte le pas. Il rappelle le devoir de mettre en échec « le projet funeste de régression de la France et de division des Français », appelant lui aussi à voter pour Emmanuel Macron.

À 21h30, après une longue attente, Jean-Luc Mélenchon prend la parole depuis le Belushi’s, un bar parisien devenu QG d’un soir. Tout aussi prudent que sa porte-parole, il fait remarquer que « le ministère de l’Intérieur a réservé sa déclaration jusqu’à minuit. » Il reconnait cependant que, quoi qu’il en soit, lorsque les résultats seront connus, « il les respectera ».

Macron clôture le ballet des interventions politiques des candidats, promettant « d’ouvrir une nouvelle page de la vie politique. »

Cécile Frangne

 
   

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