PS, LR , quelle est la suite du film ?

EN CAMPAGNE. Après le premier tour de la présidentielle, les deux partis qui tiennent la France depuis des décennies, le Parti socialiste et les Républicains, ont subitement été mis hors-jeu par Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Comment encaisser la défaite ?

La gauche anéantie

6,3 %. C’est le score enregistré par le candidat PS Benoît Hamon à l’issue de l’élection présidentielle. L’un des pires résultats du Parti socialiste après Gaston Defferre, qui était resté bloqué à 5,1 % en 1969. Ce matin, les réactions ne se sont pas faites attendre. L’ancien Premier ministre Manuel Valls s’est fendu d’une déclaration lundi 24 avril, à France Inter, qui résume l’atmosphère délétère dans laquelle le parti est plongé. « C’est la fin d’une histoire » a-t-il lâché, avant d’ajouter qu’il fallait instamment une « clarification ». Manuel Valls, qui avait appelé à voter Emmanuel Macron, rêve désormais d’une « maison progressiste » et de refonder le parti. Une famille politique écartelée entre plusieurs tendances. À la gauche du parti, les soutiens de Benoît Hamon envisagent des alliances tantôt avec les communistes, tantôt avec les écologistes. Alors qu’en son centre, on veut reconstruire le courant social-démocrate, réduit en miette par ces élections.

Dans un entretien accordé au Point, le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, pointe du doigt le statut de frondeur de Benoît Hamon. « Pour être crédible, il aurait fallu que Benoît Hamon amène à lui des éléphants du PS ». À la suite, il déclare : « Le parti n’est pas mort, mais il est en crise ». La famille est dessoudée.

Chez la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, alors que les rapports de force étaient inversés, le candidat s’est retrouvé quatrième homme à plus de 19,6 % . Un score aussi gros que la déception pour ce parti. Eric Coquerel , coordinateur du Parti de gauche et soutien de Jean-Luc Mélenchon, déclare sur France Inter que « Marine Le Pen ne passera jamais ». La défaite est dure à digérer chez les Insoumis.

 

La Droite en colère

Chez « Les Républicains », l’ambiance est quasiment similaire. Ce matin, la « garde rapprochée » de François Fillon s’est exprimée dans les médias. Sur Europe 1, François Baroin a témoigné avec inquiétude de la difficulté du parti à « trouver un projet de rassemblement ». Mais cette défaite, il ne l’impute pas entièrement à François Fillon. Selon lui, la « baisse » du candidat LR dans les sondages n’est pas seulement due aux affaires, mais surtout à son programme et à sa promesse de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Une autre personnalité du parti, Nadine Morano, a quant à elle exprimé sa « colère » contre François Fillon. Sur France Info, un premier missile est envoyé : elle y déclare que le parti a « perdu une élection qui était imperdable » et désigne la primaire de la droite et du centre comme responsable de la défaite. La députée européenne réclame dans le même temps la démission de la direction des Républicains. Nadine Morano n’appelle à voter ni pour Marine Le Pen, ni Emmanuel Macron au second tour.
D’autres grands barons du parti comme Alain Juppé, qui avait perdu face à François Fillon lors des primaires, a donné une conférence de presse depuis sa mairie de Bordeaux lundi 24 avril au matin. Il estime nécessaire de revoir la ligne politique du parti qui est selon lui « partiellement responsable de l’échec de François Fillon ». Il renchérit : « Préparer l’avenir, c’est à la fois éviter le Front national et reconstruire une droite dans laquelle ce que j’incarne, et beaucoup d’autres avec moi, trouveront pleinement leur place » . Il a réaffirmé qu’il voterait bel et bien pour Emmanuel Macron pour le second tour.

 

Dans les Hauts de France, la gauche et la droite acquiescent

Au PS comme chez les LR, les élus locaux ont donné leurs avis sur ce premier tour. Pour Yann Capet, premier secrétaire de la fédération PS du Pas-de-Calais : « c’est une défaite historique du PS. Il est temps que les partis politiques fassent leurs révolution ».
Pour Martine Aubry, le constat est clair : « comme en 2002, tous les républicains doivent faire barrage au FN ».

À droite, le président de région Xavier Bertrand a affirmé qu’il voterait sans réelle conviction pour Emmanuel Macron au second tour. Il déclare « qu’ il s’agira de barrer la route au Front National. S’abstenir, c’est l’avantager. Il en va de l’avenir de notre pays ».  Gérald Darmanin, le maire LR de Tourcoing, regrette que son parti n’est pas eu un discours « plus social, plus à l’écoute ». Il votera aussi pour Emmanuel Macron.

Pour finir, le président PS du Conseil départemental du Pas-de-Calais, Michel Dagbert, se satisfait de cette « troisième voie » et souligne « un grand soulagement ».

 

Et pour l’après second tour ?

La question se pose. Comment ces partis piliers de l’Assemblée nationale vont appréhender les élections législatives ? Selon François Baroin, en cas de majorité parlementaire, les Républicains seraient « prêts à gouverner ». Il refuserait par ailleurs d’intégrer le gouvernement si Emmanuel Macron était élu. À l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants), pas de négociation en vue avec En Marche ! Pour Jean-Christophe Lagarde, son président, Emmanuel Macron se situe au centre-gauche. Il n’en reste pas moins ouvert au débat : « nous sommes au centre droit, ça n’empêche pas le dialogue, n’empêche que sur le projet, il y avait des différences, il reste des différences » a-t-il souligné dans le Parisien.
Reste à savoir si Emmanuel Macron aura les soutiens nécessaires pour confirmer, ou si Marine Le Pen réussira une percée historique. Dans tous les cas, l’inédit règne sur la France.

 

                                                                                                 Maxime Hantsch

 
   

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