À la rencontre des déçus du 1er tour

Qu’ils soient fillonistes, mélenchonistes ou hamonistes, ils y croyaient dur comme fer. Certains sont fiers de la campagne menée par leur candidat, d’autres regrettent un manque d’action de leur part. Entre dégoût, désillusion et déception, nous sommes allés à la rencontre de ces désenchantés.

Louis, 22 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Louis, 22 ans. Photo : A. AJEBLI

Louis, 22 ans, étudiant en droit, Lille (électeur de François Fillon)

« Le résultat n’a fait que confirmer ce que je pensais déjà. Je m’attendais à ça. Par contre, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi serré entre Le Pen et nous. 1,3 %, c’est assez peu. Le résultat est le fruit d’une campagne qui s’est adressée uniquement à une caste de la bourgeoisie française et à une élite conservatrice.

S’il n’y avait pas eu ces affaires on aurait sans doute fait un peu plus, on aurait gagné 2 ou 3 %. C’était aussi un problème structurel. Sur la campagne en soi, il n’a pas du tout voulu changer son projet, il n’a pas fait preuve d’ouverture. Il aurait dû davantage s’adresser aux classes populaires, aux ouvriers. Au second tour, je voterai contre Marine Le Pen ».

Corentin, 21 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Corentin, 21 ans. Photo : A. AJEBLI

Corentin, 21 ans, étudiant en droit, Lille (électeur de François Fillon)

« Je suis sarkozyste dans l’âme, j’ai accepté la défaite. Je me suis rangé derrière Fillon même si c’est devenu compliqué quand il y a eu les affaires. Après une période de flottement, je me suis donné à la campagne, j’y ai cru. On a encore été quelques uns à y croire et à se battre. Au final ça ne s’est pas joué à énormément de voix…

Ce qu’on peut retenir de cette défaite, c’est qu’on a eu un programme très dur, pas facile à faire avaler. C’est un programme pour faire redresser le pays, mais les classes populaires ont été oubliées. C’est là qu’on s’est perdu, on a oublié nos racines car avant d’être Les Républicains, nous étions l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire), et ce côté populaire, on l’a complètement mis de côté. C’est certainement l’une des raisons principales de notre défaite. Pour le second tour c’est compliqué, jamais je ne voterais pour Le Pen, le front républicain doit faire face aux partis extrêmes. S’il faut voter Macron, ça sera vraiment par nécessité ».

Nicole, 85 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Nicole, 85 ans. Photo : C. BOLANO

Nicole, 85 ans, retraitée. Croix (électrice de Jean-Luc Mélenchon)

« J’étais vraiment, mais vraiment militante ! J’y croyais jusqu’au bout… Je n’ai même plus envie de m’occuper de la politique, ça me dégoûte. Le résultat me déçoit, les Français sont trop cons pour comprendre ! J’avais espoir en Mélenchon. Tant pis pour le barrage au FN, au second tour je revote Mélenchon. J’ai pris des papiers en plus et je remettrai son nom dans l’enveloppe ! »

Nicolas, 22 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Nicolas, 22 ans. Photo : C. BOLANO

Nicolas, 22 ans, étudiant en philosophie. Lille (électeur de Jean-Luc Mélenchon)

« On est très fiers du score, c’est extraordinaire. On est évidemment déçus du résultat mais fiers d’en être arrivés là. J’ai déjà voté, déjà exprimé ce que je voulais dire et je l’ai dit en donnant ma voix à Mélenchon. Si je n’avais pas voté Mélenchon, c’était soit l’abstention, soit le vote blanc. Quand j’ai découvert la France Insoumise je me suis engagé dans le mouvement, c’est ce que je soutiens, c’est la France que je veux voir et elle n’est pas représentée au second tour, donc je ne voterai pas ».

Céleste, 34 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Céleste, 34 ans. Photo : C. BOLANO

Céleste, 34 ans, prof d’anglais au collège, Candidate La France Insoumise aux élections législatives dans la 9ème circonscription de Lille.

« De la déception, mais en même temps de l’espoir. On a fait carrément mieux qu’en 2012. J’avais participé à sa campagne et c’est beaucoup mieux. Après il n’est pas au deuxième tour donc je suis déçue forcément. Moi, personnellement, je vais voter Mélenchon au deuxième tour, donc nul. Je n’ai pas d’appel à faire à qui que ce soit. Dans notre mouvement on a toujours eu comme consignes de ne pas avoir à s’exprimer là dessus, les gens font ce qu’ils veulent, ils sont assez intelligents. On s’attendait à un score serré, c’est sûr, mais bon c’est la démocratie, ce sont les règles du jeu et on fait avec… ! »

Mehdi, 23 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Mehdi, 23 ans. Photo : C. BOLANO

Mehdi, 23 ans, étudiant en master de droit public, Roubaix. (Responsable départemental des Jeunes Socialistes)

« C’est une défaite lourde, historique pour la gauche. Pour la 2ème fois depuis quinze ans elle n’est pas qualifiée au second tour, au profit de la candidate du FN. Quand on est dans une campagne, on y croit toujours, on n’entre pas dans une campagne en pensant qu’on va être éliminés dès le 1er tour. On savait que les contextes étaient compliqués…

Une véritable meurtrissure pour nous évidemment, donc une nécessité pour les socialistes, pour la gauche de se remettre en question. De savoir pourquoi nous avons été éliminés aussi violemment et de se réorganiser pour redevenir un parti qui a envie de gouverner, qui veut exercer le pouvoir, qui plaît aux concitoyens.

Notre responsabilité est très claire, elle est de tout faire pour que Macron devienne notre prochain président et de lui donner toutes nos forces pour battre de la manière la plus écrasante possible Marine Le Pen. Au second tour je voterai Macron, on votera pour lui avec force et vigueur ».

Romain, 20 ans. Photo : A. AJEBLI et C. BOLANO

Romain, 20 ans. Photo : C. BOLANO

Romain, 20 ans, étudiant à Sciences Po, Lille (électeur de Benoît Hamon)

« Le premier ressenti a été un énorme coup de massue. On ne voulait presque pas y croire, alors qu’on nous répétait depuis des semaines que ce genre de résultat allait tomber. Une déception surtout, parce qu’on a fait campagne pendant trois mois, on y croyait, on a été au meeting, on tractait, on était convaincu par le programme et 6 %, on ne s’y attendait pas.

Je m’attendais plus à un score autour de 9 %, 10 %. Mais on a été pris autour d’un étau entre deux votes utiles : d’un côté Mélenchon qui a su cristalliser cet argument après Macron, qui le maintenait depuis un moment. Au 2ème tour je voterai Macron car voter Marine Le Pen c’est au-delà de la République, c’est le fascisme, jamais je ne pourrais la laisser arriver au pouvoir ».

Amale Ajebli


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