Comment le Front national s’est imposé dans le paysage politique

EN CAMPAGNE. Après le premier tour, les manifestations contre le FN sont restées marginales. Quinze ans après l’accession surprise au second tour de Jean-Marie le Pen, le parti s’est durablement installé.

 

Sur France 2, le 21 avril 2002, David Pujadas prévoit une « énorme surprise ». Dans dix minutes, le nom de Jean-Marie le Pen s’affichera au côté de Jacques Chirac pour le premier tour de la présidentielle : personne ne l’avait prévu. Le 1er mai 2002, 500 000 personnes manifestaient à Paris. Quinze ans plus tard, sa fille Marine le Pen réalise une percée historique, avec 7,7 millions de votants, soit 3,9 de plus qu’en 2002 et 1,3 de plus qu’en 2012. Les manifestations sont restées sporadiques.

 

« Une habitude »

 

Dans le personnel politique, les réactions ont été radicalement différentes par rapport à 2002.  Pourquoi un tel décalage ? Certains ont évoqué une « banalisation » du Front National. Pour Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), ce n’est pas forcément le bon terme à utiliser. « Marine le Pen au second tour, c’est une habitude finalement. Aux départementales de 2015, elle était en tête du premier tour [avec 25,24%, ndlr]. » Le parti est devenu un « élément du tableau national : sa pénétration dans les structures du pays s’est incontestablement accrue. »

 

« Le FN s’est durablement installé »

 

La différence majeure se situe dans le fait que Marine le Pen était assez attendue au second tour, les sondages « prévoyaient depuis deux ans Marine le Pen, souvent en tête » explique le chercheur. La base du Front National s’est même diversifiée : « La géographie du vote frontiste s’est étendue. Le FN s’est durablement installé, notamment dans les milieux populaires. »

Enfin, le FN ne repose plus sur la seule figure de sa candidate : « Florian Philippot, Nicolas Bay : aujourd’hui tous ces noms sont connus par les Français, contrairement à 2002 où seul Jean-Marie le Pen était sur le devant de la scène. Fort celui qui connaissait Bruno Gollnisch, pourtant numéro 2 du parti ».

Un parti qui s’est peu à peu professionnalisé, autre élément qui explique sa « banalisation ». « C’est d’ailleurs un paradoxe intéressant : ce parti anti-système se retrouve aujourd’hui intégré au système ».

Pourtant, le FN reste un parti repoussoir pour un certain nombre de Français. Selon une enquête du CEVIPOF à la veille du premier tour, 63% des français excluent de voter un jour pour le Front National.

William de Lesseux

 
   

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