Les « petits » candidats sont-ils devenus grands ?

EN CAMPAGNE. Ils n’envisageaient pas la victoire mais comptaient sur cette campagne pour faire entendre leurs idées.  Les « petits » candidats achèvent leurs parcours présidentiel avec des joies et des déceptions. Si parmi les six certains ont réalisé un score à la hauteur de leurs espérances, d’autres en sont ressortis très déçus.

 

Nicolas Dupont-Aignan

L’objectif était clair pour Nicolas Dupont-Aignan : rester le plus grand des « petits » candidats. Crédité de 1,79% lors de l’élection présidentielle de 2012, le candidat de Debout le France avait réalisé le meilleur score parmi les quatre candidats jugés les moins à même de s’imposer (devant Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade). En se positionnant dès le début de la campagne contre les « grands » candidats – par exemple en quittant le plateau de TF1 pour dénoncer l’organisation d’un débat à 5 candidats sans lui – le candidat a voulu se mettre à leur hauteur tout en affirmant sa volonté de négocier la sortie de la France de l’Union européenne.

Et les résultats semblent confirmer la bonne stratégie du candidat. Il réalise 4,70% des suffrages exprimés, soit une progression de près de 3 points en 5 ans. Il est à nouveau le plus grand des « petits » candidats.

Alexandre BARBIAUX, responsable de Debout les Jeunes pour le Nord

« On est très contents, même si, un peu déçus en voyant les chiffres officiels qui nous laissent légèrement en dessous de la barre des 5%. Il y a quand même du progrès depuis 2012. On a fait une très belle campagne en étant constants jusqu’au bout et en dénonçant les choses qu’il fallait dénoncer. Je suis très fier des militants et de ce que Nicolas Dupont-Aignan a fait. Je mets ma main à couper qu’il fera encore mieux à la prochaine élection présidentielle. Ça pourrait être plus rapide mais le manque d’équité de temps de parole et de moyens financiers a beaucoup joué. »

Jean Lassalle

Il n’avait jamais été battu lors d’une élection. C’est chose faite. Mais avec un score plutôt honorable. Le député des Pyrénées Atlantiques a réuni 1,21% des suffrages exprimés lors du premier tour de l’élection présidentielle. Pour sa première participation, Jean Lassalle fait mieux que tous les autres « petits » candidats, à l’exception de Nicolas Dupont-Aignan.

Aucun représentant de Jean Lassalle n’était disponible au moment de la mise en ligne de cet article pour commenter ces résultats.

  Philippe Poutou

Philippe Poutou s’est fait remarquer durant cette campagne. De ses clips de campagne originaux à son refus d’être présent sur la photo de groupe lors du débat présidentiel à 11 candidats, en passant par son franc parler à l’égard de Marine Le Pen ou François Fillon, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a mené une stratégie décalée face à ses concurrents.

Le résultat est quasi-identique à celui de 2012. Philippe Poutou rassemble 1,10% des voix lors du premier tour, contre 1,15% en 2012. Bien loin néanmoins du score d’Olivier Besancenot, pour la Ligue communiste révolutionnaire, qui avait rassemblé 4,08% des suffrages en 2007.


Damien SCALI, référent Nord pour la campagne de Philippe Poutou

« On est satisfaits d’avoir fait campagne et d’avoir été présents. C’était utile qu’il y ait un candidat ouvrier pour présenter nos idées. Il y a plus de 300.000 personnes qui ont voté pour Philippe Poutou, c’est un encouragement pour l’avenir, pour qu’on ne se laisse pas faire face au futur gouvernement en place. Au vu du second tour, les classes populaires, les travailleurs et la jeunesse vont devoir se défendre. Pour nous, le combat ne s’arrête pas aux élections, ça se joue maintenant dans les mobilisations sociales. »

François Asselineau

« Je serai la surprise de ce premier tour » assurait encore François Asselineau lors de son meeting à Lille le 10 avril dernier. Pour sa première participation à une élection présidentielle, le candidat du « Frexit » n’aura pas fait mentir les sondages. Evalué à 1% dans les dernières études précédant le scrutin, le représentant de l’Union populaire républicaine (UPR) réalise finalement 0,92% des voix.

Olivier DURNEZ, représentant de l’UPR dans le Nord

« C’est un score décevant car on a eu une campagne très active sur le terrain par le biais de l’affichage et des meetings que nous avons organisés. On n’a eu que 15 jours durant lesquels on a eu une égalité de temps de parole, ce qui est très peu. On a eu un temps de parole équivalent à 2% durant toute la durée de la campagne, ce qui fait très peu comparé à d’autres, d’autant plus quand on sait que ça a un impact direct sur le score dans les urnes.  Maintenant on repart à l’offensive pour les législatives car on considère qu’on est connus de tous les Français et qu’on peut espérer faire un score plus important, avec des candidats dans toutes les circonscriptions. Notre objectif est de dépasser le seuil des 1% pour 50 candidats afin de toucher des financements publics et pérenniser le mouvement. »

Nathalie Arthaud

Seule candidate à se revendiquer communiste, Nathalie Arthaud se donnait pour mission de rassembler les travailleurs derrière sa candidature. En 2012, la candidate de Lutte ouvrière avait réalisé 0,56% des suffrages exprimés, derrière Philippe Poutou et bien loin des scores réalisés par Arlette Laguiller, figure du parti, en 2007 (1,33%) et 2002 (5,72%).

Nathalie Arthaud rassemble cette fois 0,64% des voix, en légère progression, mais toujours en avant-dernière position devant Jacques Cheminade. Qu’importe pour la candidate, elle l’a répété pendant sa campagne, le pouvoir ne s’obtiendra pas par les urnes mais par la rue.

 

Simon GERVAIS, Lutte Ouvrière Nord

« On a fait un score qui peut paraître faible mais qui représente tout de même 230.000 personnes, soit une force sociale qui sera utile dans les manifestations et les mouvements sociaux à venir, surtout au vu de ce que nous réserve le deuxième tour. Et cette campagne nous a permis de prendre contact avec des jeunes qui aspirent à changer la société. Et puis on ne s’inscrit pas du tout dans une perspective électoraliste, l’élection présidentielle c’est surtout une tribune, le but étant de rencontrer des gens et de se faire connaître. Ce score reflète quand même une base solide qui croit dans le communisme révolutionnaire. »

Jacques Cheminade

C’est la troisième fois qu’il se présentait sur la ligne de départ. Jacques Cheminade, le fondateur du parti Solidarité et Progrès, comptait sur la dénonciation de ce qu’il appelle « l’occupation financière » de la France pour convaincre les Français. Après avoir réuni 0,28% des suffrages à l’élection présidentielle de 1995, puis 0,25% en 2012, il réalise un score de 0,18% en 2017. Un baroud d’honneur pour celui qui a d’ores et déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2022.

 

Arnaud BEILS, représentant de Jacques Cheminade dans les Hauts-de-France

«  Évidemment que non, on n’est pas satisfait. Mais on ne se pose pas la question du score, on essaie plus de voir l’avancement des idées. Si on n’avait pas été là pour les porter depuis 1995, au moins sur le plan économique, il y a peu de chances que les autres s’en soient imprégnés. Aujourd’hui quand je discute avec des militants de gauche, on voit que ces idées semblent évidentes et c’est tant mieux, c’est notre victoire. Notre victoire c’est de gagner sur le fond, pas sur le score. »

Valentin Depret

 
   

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