Les retraités, en marche vers l’austérité ?

INFAUX. Le vice-président du Front national, Florian Philippot, accuse Emmanuel Macron de pénaliser les « petites retraites » dans son programme économique. Décryptage.

Invité sur le plateau de RMC – BFM TV au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, Florian Philippot s’attaque au programme économique d’Emmanuel Macron. La principale mesure visée par le député européen : la réforme des retraites que propose le candidat d’En Marche, qui, selon lui, « maintient l’austérité pour les petites retraites en proposant d’augmenter la CSG de 1,7% ».

Florian Philippot poursuit sa démonstration en enfonçant le clou : « L’expert économique d’Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry, a déclaré vendredi, et nous avons une vidéo, que 60% des retraités seront perdants avec l’augmentation de la CSG sur leur pouvoir d’achat. » 
Pourquoi le candidat d’En Marche veut-il augmenter la CSG ?

Le député européen Front national va un peu vite en besogne. Reprenons les choses au commencement. Le candidat d’En Marche propose dans son programme « d’améliorer le pouvoirs d’achat des travailleurs ». Pour ce faire, il s’engage à réduire les cotisations payées par les travailleurs – salariés, indépendants et fonctionnaires – sur leur salaire brut, pour financer le système de protection sociale. En clair, leur salaire net, à savoir l’argent qui tombe dans leur poche à la fin du mois, augmenterait. Un bond que le candidat chiffre à « 500 euros annuels pour un salaire de 2200 euros ».

Seulement, cette mesure doit être financée. En contrepartie, Emmanuel Macron projette d’augmenter d’1,5 points la CSG, ou Contribution Sociale Généralisée. Le sigle a beau sembler familier à l’oreille des français, pas sûr que tout le monde sache ce qu’il représente. Introduite par le gouvernement socialiste de Michel Rocard en 1991, la CSG a été créée pour diversifier les sources de financement de la protection sociale.

En bref, les travailleurs ne sont plus les seuls à payer pour le pot commun : retraités et détenteurs de patrimoine doivent également participer à l’effort, en fonction de leurs revenus. Florian Philippot n’a donc pas tort sur ce point : augmenter la CSG, c’est une mesure plutôt défavorable aux retraités. Elle sert cependant à aider financièrement les actifs.

Les petites retraites seront-elles touchées par le programme d’Emmanuel Macron ?

D’ailleurs, le directeur du programme économique de l’ex-banquier ne s’en cache pas. Interrogé sur le sujet par le site internet Boursorama, Jean Pisani-Ferry, surnommé “monsieur calculette”, admet qu’ « il y aura des perdants (…) 60% des retraités vont subir la CSG, alors qu’ils ne payaient pas de cotisations sociales auparavant ».

L’économiste précise cependant que seuls « ceux des 14 millions de retraités qui ont les revenus les plus confortables » en pâtiront. Et ce parce que « la France est un pays dans lequel le niveau de vie des retraités par rapport aux actifs s’est nettement amélioré ». Sur ce point, selon le rapport annuel du COR (Conseil d’orientation des retraites), les retraités ont un niveau de vie 5% supérieur à celui des actifs. Les seniors français font partis des mieux lotis des pays de l’OCDE.

Les “petites retraites” sont-elles à l’abri ? Macron l’a promis aux 40% de retraités aux plus petits revenus : il ne reviendra pas sur les exonérations et les allègements de charges entrées en vigueur en 2017 pour les retraités modestes.

                                                                                                                                                                                                                                   Cécile Frangne

 
   

Copyright © 2018 | Red Mag designed by Themes4WP

Nous contacter

Pour toute question, contactez-nous par mail.

2017 HEBDO, LA NEWSLETTER DE L’ESJ LILLE

Votre adresse mail :

Télécharger notre application

“Ma Campagne” – réalisée en partenariat avec France Télévisions

Disponible sur Google Play

 Site réalisé par les étudiants de l’ESJ LILLE

« Au charbon » est le site dédié à l’élection présidentielle de 2017 de la 92ème promotion de l’ESJ Lille et de la 22ème promotion de la filière PHR.