Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis

Manuel Valls « En Marche ! » accélérée

Mardi, Manuel Valls a rassemblé ses soutiens et précise ses ambitions : participer à la majorité gouvernementale et parlementaire aux côtés d’Emmanuel Macron. Depuis la lourde défaite du Parti socialiste au premier tour, le candidat de la primaire veut réorienter la ligne de son parti.

 

« Nous devons participer à cette majorité présidentielle, et soyons plus clairs, à la majorité gouvernementale qu’il faudra construire », a expliqué Manuel Valls devant 200 de ses soutiens, dont un quart de parlementaires. Avant de réunir ses troupes, Manuel Valls a croisé Emmanuel Macron à la préfecture de police de Paris pour rendre hommage au policier tué sur les Champs-Elysées. Car c’est bien vers le finaliste de l’élection présidentielle que Manuel Valls semble désormais se tourner.

Sur France Inter, le finaliste déçu de la primaire de la gauche a expliqué que « gouverner la France, c’est difficile et donc il faut rassembler (…) et c’est pour ça que nous devons être prêts à le [Emmanuel Macron] soutenir, à l’aider, à participer à cette majorité. (…) Emmanuel Macron n’est pas un adversaire politique ». Manuel Valls pencherait donc vers un « gouvernement d’union nationale, d’entente républicaine avec des hommes et des femmes venant de gauche et de droite ».

 

 

« Fin de l’histoire » pour le PS

Et le Parti socialiste ? L’ancien chef du gouvernement n’hésite pas à sonner « la fin de l’histoire ». Une reconstruction est nécessaire pour l’ancien maire d’Evry. Avant d’ajouter : « Il serait étonnant que ceux qui ont amené le candidat du PS à un tel niveau nous disent qui est au PS ou pas », dans une allusion directe à la déroute historique du vainqueur de la primaire, qui a récolté 6,3 % des suffrages.

Mais Manuel Valls sait qu’un risque plane sur cette prise de position en faveur d’Emmanuel Macron : son exclusion du Parti socialiste. Une menace qu’avait brandi Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti, en février dernier, envers les élus tentés de rejoindre les rangs du fondateur d’En Marche !. Manuel Valls prend les devants : « Personne ne peut nous exclure ». Il avait appelé à voter Emmanuel Macron dès la fin du mois de mars, reniant son engagement initial de soutien à Benoît Hamon.

Cet appel à voter Emmanuel Macron, le socialiste le justifie par le danger que représente le Front national. « J’ai choisi mon pays avant mon parti. Et les faits me donnent raison ». Précisant que « l’urgence n’était pas le PS », Manuel Valls met en garde contre « une lame de fond bien plus puissante qu’on ne l’imagine », pointant la présence du Front national au second tour.

Quant à une campagne autonome du PS pour les prochaines élections législatives, Manuel Valls ne semble pas vraiment y croire : « Mais pour quoi ? Mais pour qui ? », lance-t-il devant ses soutiens. Parmi eux, le ministre des Sports Patrick Kanner, le secrétaire d’État Jean-Marie Le Guen mais aussi les parlementaires Didier Guillaume, Olivier Dussopt, Philippe Doucet ou encore Malek Boutih. Et une alliance avec Jean-Luc Mélenchon ? Manuel Valls prévient : « Soyons bien conscient, il y aura d’autres rendez-vous ».

 

Pas de double étiquette pour les législatives

L’ancien Premier ministre va cependant devoir choisir. Jean-Christophe Cambadélis comme Emmanuel Macron avaient en effet prévenu qu’une double-étiquette En Marche !-PS serait impossible. Malgré cette mise en garde, le doute plane quant aux investitures d’En Marche pour les prochaines législatives. Des accords avec certains candidats du PS seraient-ils possibles ? Emmanuel Macron ne devrait pas dévoiler le nom des candidats investis avant le second tour.

Et il est loin de se laisser attendrir, renvoyant successivement le chef de l’État et son ancien Premier ministre dans les cordes. Lundi, François Hollande avait en effet mis en garde sur la nécessite d’une « prise de conscience » de la présence du Front national au second tour. « Il y en a qui se réveillent avec la gueule de bois, grand bien leur fasse. Ils n’avaient qu’à s’activer avant, ils l’ont nourrie », a rétorqué le candidat d’En Marche !.

Mais l’espoir est pour l’instant mince pour Manuel Valls : « Il n’est pas envisageable de travailler avec lui dans le cadre de la future majorité », a assuré un proche d’Emmanuel Macron au Parisien. Pris entre un PS en démolition et un mouvement peu enclin à travailler avec lui, la stratégie de Manuel Valls semble plus que risquée.

Romane Hocquet


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