Que proposent Macron et Le Pen pour l’Emploi ?

Alors que le taux de chômage a bondi de 1,3 % en mars, le nombre de demandeurs d’emplois, a augmenté de manière exponentielle ces 5 dernières années. 600 000 chômeurs en plus (- 3,2 % toutefois sur un an), pour un total de 9,7 % de la population active. Comment faire pour favoriser un retour à l’emploi et lutter contre la précarité au travail ?
Voici les propositions des deux candidats présents au second tour de l’élection présidentielle.

 

Réduire le coût du travail

Pour Emmanuel Macron, un abaissement de 6 % des cotisations sociales pour les employeurs, en remplacement du CICE ,pour inciter à l’embauche est prévu. Pour encourager les recrutements, le candidat d’ « En Marche ! » souhaite une forme de « dispositif zéro charge » mis en place par le gouvernement Fillon (supprimé en 2010) pour les emploi rémunérés à hauteur du SMIC. L’allègement total des charges reviendrait à octroyer un montant de près de 1 800 euros par an et par salarié. La baisse des cotisations sociales serait également effective pour les artisans, qui sortiront du Régime social des indépendants pour passer au régime général. Pour l’ex ministre de l’économie, le code du travail doit être modifié. Il prône en effet une négociation directe entre salariés et entreprises. Un code du travail « digital » sera créé afin de simplifier les démarches pour les PME et définira un socle de droits et de règles.

Les deux candidats proposent également la défiscalisation des heures supplémentaires. Ils s’accordent également quant à la réduction de l’impôt sur les sociétés, entre 25 % et 33 % en moins pour Macron, entre 15 et 33 % en moins pour la candidate du FN.

En ce qui concerne Marine Le Pen, son rapport à l’emploi n’est pas radicalement différent. Afin d’encourager l’embauche au sein des entreprises, le FN veut mettre fin à « la complexité administrative et fiscale pesant sur les TPE-PME » (proposition 44 du programme). Pour cela un guichet unique (social, fiscal et administratif) serait mis en place. Pas de trace de modification du code du travail en revanche pour la candidate frontiste. Marine le Pen propose aussi d’abaisser les charges sociales des TPE et PME de façon «lisible et significative» (46), sans mais sans chiffrer cette baisse. L’emploi jeune figure aussi parmi les propositions sur l’emploi de MLP. L’une d’entre elles évoque l’exonération totale de charges pour une première embauche d’un jeune de 21 ans ou moins.

 

Former les travailleurs de demain

Pour Emmanuel Macron, le chômage frappe surtout sur les personnes peu qualifiées, multipliant les contrats courts, et notamment les jeunes, qui représentent 49 % des CDD. De manière à y remédier, il propose de mettre l’accent sur la formation. Si l’apprentissage serait possible dès le lycée, un plan de 15 milliards d’euros serait prévu pour développer la formation.

Si Marine le Pen propose un dispositif d’accès à l’embauche pour les jeunes, la présidente du FN choisit aussi d’autoriser l’apprentissage dès 14 ans dans le cadre d’une revalorisation du travail manuel. Autre spécificité dans le programme du FN, ce sont les établissements de formation qui devront trouver des stages pour leurs élèves (83). Enfin, sans en expliquer les modalités, le Front national promet de «faciliter l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap» (89) et d’étendre le droit à l’oubli pour les personnes en rémission d’une maladie grave.

 

Faire de l’État un acteur du renouveau de l’emploi

Pour Emmanuel Macron, l’État doit reprendre en main le système d’assurance-chômage géré actuellement de façon paritaire par les syndicats. Avec l‘homme de 39 ans au pouvoir, l’assurance-chômage serait ouverte à tous mais son montant serait beaucoup plus faible. Les salariés démissionnaires seraient aussi rémunérés mais à certaines conditions : « tous les cinq ans, chacun aura droit à l’assurance-chômage » pour changer d’activité ou développer son projet professionnel. Enfin, contrôle serait renforcé, et les chômeurs pourront refuser un emploi mais pas deux sur des critères de salaire et de qualifications.

Pour Marine Le Pen, la réponse se situe plutôt dans la protection du marché du travail français. Pour maîtriser les mutations économiques telles que « l’ubérisation, la robotisation, l’économie du partage », un secrétariat d’État dédié sera créé. La loi travail du gouvernement de Manuel Valls sera aussi « retirée ».

Il est aussi à noter qu’Emmanuel Macron compte supprimer 120 000 emplois publics. Beaucoup de ces suppressions se traduiront par le non remplacement des départs à la retraite. A court terme, il devrait aussi y avoir quelques chômeurs. Autre précision sur Marine le Pen cette fois, les termes « chômage », « chômeur » ou « demandeur d’emploi » ne sont pas inscrits dans son programme. Seuls les moyens d’indemnisation des chômeurs français par les recettes de la taxe sur le recrutement d’étrangers sont précisés.

Lire aussi : Sur les questions de société, un clivage net entre les deux finalistes

Dimitri Martin

 
   

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