À l’Élysée, 2017 sera l’année du rajeunissement

EN CAMPAGNE. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les finalistes d’une campagne inédite par de nombreux aspects. La jeunesse des deux derniers candidats en lice est notamment inhabituelle en France… mais au niveau européen, elle semble moins exceptionnelle.

Au centre, Emmanuel Macron, 39 ans. À l’extrême droite, Marine Le Pen, 48 ans. L’affiche du deuxième tour de la présidentielle oppose des candidats sensiblement plus jeunes que leurs prédécesseurs. En 2012 par exemple, le second round de l’élection opposait deux hommes de 57 ans.  Dix ans plutôt, Jacques Chirac, 69 ans, défaisait Jean-Marie Le Pen, de quatre ans son aîné.  L’âge moyen des présidents de la Vème République au moment de leur entrée en fonction – 58,4 ans – est d’ailleurs largement supérieur à celui des deux prétendants à l’Élysée.

 

Le vainqueur, plus jeune président de la Vème République ?

Si Emmanuel Macron gagne le 7 mai, il pulvérisera le record établi par Valéry Giscard d’Estaing – il avait 48 ans et trois mois lors de son accession au pouvoir, soit près de neuf ans de plus que le candidat d’En Marche !
Si la candidate du Front national l’emporte, Valéry Giscard d’Estaing demeurera le plus jeune président de la Vème République, à six mois près. Marine Le Pen sera en effet âgée de 48 ans et neuf mois le jour du second tour.

 

Sous les Républiques précédentes, des dirigeants plutôt plus âgés

Sous la Ière République, la fonction de président n’existait pas. La comparaison est donc impossible. Louis-Napoléon Bonaparte, président unique de la IIème République, avait quarante ans lors de son arrivée au pouvoir en 1848 – à une époque où l’espérance de vie était bien moindre qu’aujourd’hui.
La IIIème République voit l’élection de dirigeants plus âgés. Deux présidents, Adolphe Thiers (1871-1873) et Paul Doumer (1931-1932) n’entreront en fonction qu’à 74 ans. La IVème République ne verra que deux chefs d’État se succéder, âgés respectivement de 62 (Vincent Auriol, 1947-1954) et 71 ans (René Coty, 1954-1959) lors de leur entrée à l’Élysée. Les deux régimes constitutionnels qui se succèdent sont donc marqués par l’âge plus avancé des présidents français, par rapport à la Vème République.
 

 

Des dirigeants plus jeunes en Europe

Emmanuel Macron et Marine Le Pen font figure d’exception au niveau français. En revanche, à l’échelle du continent, ils ne font qu’accompagner un mouvement de rajeunissement des dirigeants. Chez le voisin belge tout d’abord, le Premier ministre Charles Michel n’est âgé que de 41 ans (39 ans lors de son entrée en fonction). Son homologue néerlandais Mark Rutte a lui fêté ses 50 ans en février, mais il n’avait que 43 ans au moment de son accession au pouvoir, en octobre 2010. Troisième pays du Benelux, le Grand-Duché est dirigé depuis plus de trois ans par Xavier Bettel, un libéral de 42 ans.
Plus à l’est, en Estonie, le Premier ministre Jüri Ratas n’est âgé que de 38 ans. Son homologue hongrois Viktor Orbán est plus vieux de quinze ans, mais n’avait que 46 ans lors de son entrée en fonction.
Notons tout de même que les plus grands pays européens, en terme de population ou d’influence, sont dirigés par des politiciens plus âgés. Angela Merkel (Allemagne) a 62 ans, tout comme Mariano Rajoy (Espagne) et Paolo Gentiloni (Italie). Theresa May, la Première ministre britannique, a atteint en octobre dernier la soixantaine.

 

La jeunesse, ce handicap électoral français

La question de l’âge du chef de l’État français n’est pas neuve. En 1958, Charles de Gaulle l’avait déjà mis en avant pour rassurer sur son respect de la démocratie : « Croit-on qu’à 67 ans je vais commencer une carrière de dictateur ? », s’était écrié le général.

La jeunesse d’Emmanuel Macron lui est souvent reprochée – elle serait source d’inexpérience au niveau régalien et l’empêcherait d’avoir la stature d’un homme d’État. Marine Le Pen, de dix ans son aînée, est perçue comme plus expérimentée et essaie d’exploiter la faille dans la carapace de son concurrent. En visite au marché de Rouvroy, lundi 24 avril, elle a encore qualifié le candidat de « faiblard » sur la question de la sécurité. La ligne de défense d’Emmanuel Macron consiste à présenter sa jeunesse comme un gage du renouveau qu’il souhaite apporter à la vie politique française. Un argument qui avait en son temps profité à Barack Obama ou Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. Jamais deux sans trois ?

Damien Gaudissart

 
   

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