Ils ont testé pour vous… l’extrême droite au pouvoir

VU D’AILLEURS. La candidate du Front national Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour de la présidentielle. En Europe, des pays ont déjà sauté le pas en portant au pouvoir des partis extrémistes. Hongrie, Croatie et Pologne ont vu leurs dirigeants mettre des mesures polémiques en place. Dans ces États membres de l’Union européenne, force est de constater que la démocratie recule.

 

Hongrie. L’État de droit et l’immigration remis en cause

Patrouille de soldats hongrois le long de la frontière avec la Serbie. Crédit : REUTERS/D.RUVIC.

Les migrants, c’est non ! Paradoxe du gouvernement ultra-conservateur hongrois : le pays a 50 000 postes à pourvoir mais refuse d’ouvrir ses frontières aux étrangers. Pour Victor Orban, le Premier ministre au pouvoir depuis 2010, la prime est au blocage des migrants à la frontière, avec une clôture de pas moins de quatre mètres de haut. En cause, la préservation de « l’identité nationale » et « le risque terroriste ». Son pays accuse pourtant un déficit démographique depuis 1981. A l’intérieur même du pays, 800 000 Roms sont mal employés, victimes de discriminations et cantonnés à des travaux d’intérêt général, rapporte Le Monde en septembre 2016. Dans le même temps, environ 10 % des travailleurs sont partis vers l’Europe de l’Ouest où le SMIC est plus élevé que chez eux (356 euros en Hongrie). Ni le ministre de l’économie ni Medef hongrois ne sont insensibles à cet enjeu. Ils plaident pour attirer de la main d’œuvre qualifiée… À une condition : les postulants doivent être capables selon eux d’embrasser la culture et la tradition magyare.

Super état d’urgence. Suite à un vote de juin dernier, le parlement hongrois a vu ses pouvoirs élargis en cas « d’alerte terroriste ». Le soutien du parti d’extrême droite Jobbik a permis l’élargissement des pouvoirs du gouvernement Orban. Une sorte de super état d’urgence, qui ouvre droit à un contrôle des moyens de communication, à l’instauration de couvre-feu et au renforcement du rôle de l’armée. Ainsi, l’État aura un droit de regard sur les contenus internet, les courriers et les colis. La modification constitutionnelle a été adoucie par l’introduction d’un contrôle de l’exécutif de ses mesures.

 

Croatie. Remise en cause de l’avortement et « éruption de haine » contre la minorité serbe

Défilé de partisans de l’extrême droite, le 26 février 2017 à Zagreb. Crédit : AFP/STRINGER.

Tensions exacerbées avec les Serbes de Croatie. C’est une conséquence indirecte de l’arrivée du conservatisme au pouvoir en octobre : « l’éruption de haine », selon les mots du chef politique de la communauté serbe Milorad Pupovac. Selon le Conseil national serbe, entre 2015 et 2016, les actes de violence, de haine et de discrimination ont bondi de 60 % contre la minorité serbe, la plus importante du pays. Fin février, des dizaines de militants d’extrême droite ont paradé dans la capitale Zagreb aux cris de « Prêts pour la patrie ! ».Un slogan qui fait écho à un chant du régime croate pro-nazi pendant la Seconde guerre mondiale. En mars, M. Pupovac a dénoncé le manque de « réactions publiques et politiques ». Le Premier ministre conservateur Andrej Plenkovic s’est défendu, en s’engageant à maintenir une « atmosphère de tolérance dans le pays ».

Une tentative de remise en cause de l’avortement. En mars, la Cour constitutionnelle croate a refusé la révision de la loi sur l’avortement, en place dans le pays depuis 1978. Le projet a été déposé par des militants de groupes religieux conservateurs, dans un contexte gouvernemental favorable. En octobre, les élections législatives ont conduit à une coalition entre la droite conservatrice (HDZ) et un mouvement citoyen proche de l’Église catholique (MOST). La menace de l’interdiction de l’avortement n’est pas écartée : le Parlement croate a deux ans pour préparer une nouvelle législation. La cour constitutionnelle a jugé la loi en vigueur « dépassée ».

 

Pologne. Vers un État totalitaire?

Le siège de la télévision publique polonaise à Varsovie. Crédit : REUTERS/S.KAMINSKI.

Tous à la botte du pouvoir. Le parti s’appelle Droit et justice (PiS) et a remporté les législatives d’octobre 2015. Son nom cachait bien la purge que son dirigeant, Jaroslaw Kaczynski, allait mener. La Cour constitutionnelle a été mise au pas, les grands médias publics sont désormais contrôlés, les dirigeants des grandes entreprises d’État révoqués au profit de fidèles, une vingtaine d’ambassadeurs ont été remplacés. Exit aussi le principe d’impartialité des fonctionnaires et les concours pour la haute fonction publique. « À long terme, un des objectifs du PiS est le changement radical des élites dans toutes les structures sociales », explique au Monde le 25 octobre 2016 le politicologue Aleksander Smolar.

Haro sur les manifs de l’opposition. Liberticide, le parti ultra-conservateur Droit et justice l’est. Début décembre, le régime a voté un amendement sur la loi des rassemblements publics qui donne la priorité aux manifestations officielles et religieuses sur les initiatives citoyennes. Pour préparer une sortie dans la rue, c’était auparavant au plus rapide. Cette prérogative permet ainsi au PiS de court-circuiter les nombreux appels à manifester de l’opposition, et à donner davantage d’audience à ses rassemblements.

Jérôme Hereng

 

 
   

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