Cette violence que le FN ne saurait voir

Une commémoration a eu lieu à 11 heures lundi 1er mai en mémoire de Brahim Bouarram. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon étaient présents. Le jeune Marocain avait été poussé dans la Seine il y a 22 ans par des militants d’extrême droite, en marge du défilé du 1er mai organisé par le Front national. Un acte de violence qui a encore une résonance aujourd’hui. 

 

Lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 1995, un jeune Marocain de 29 ans se trouvait sur les berges de la Seine alors que le traditionnel rassemblement du 1er mai du Front national se déroulait non loin. Entre 11 heures et midi, des militants d’extrême droite, apparentés à des skin-heads, l’auraient volontairement poussé dans la Seine. Ne sachant pas nager, Brahim Bouarram s’est fait emporté par les forts courants du fleuve. Les secours, alertés par des témoins, l’ont repêché peu de temps après, mais il était déjà trop tard.

Les réactions ont fusé. Notamment celle de Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national. Dans un article de Libérationon retrouve ainsi plusieurs déclarations faites à l’AFP, France Info et France 2, dans lesquelles il réfutait tout lien entre le cortège et les faits. « Cet incident mortel s’est produit après le passage du cortège du Front national », indiquait Jean-Marie Le Pen. « Ces faits se sont produits alors que la queue de la manifestation du Front national était très éloignée du pont où se sont produits ces incidents. » SOS Racisme avait appelé à un rassemblement le mercredi 3 mai sur les lieux de l’accident.

 

Le reportage de France 3 sur le drame (INA)

La tentative de dédiabolisation

Depuis bien longtemps, le Front national est lié au Gud (Groupe Union Défense). Ce mouvement étudiant né en 1968 est connu pour ses excès de violence. Longtemps, le FN a cherché à établir une frontière claire entre ces militants et le parti. L’histoire tragique de l’assassinat de Brahim Bouarram est un exemple probant de cette stratégie. Jean-Marie Le Pen, ainsi que Bernard Courcelle, chef du service de sécurité du FN ce jour là, niaient tous liens entre les responsables du meurtre et le parti. Pis encore, certains membres du parti auraient tenté de faire taire ces militants, et surtout de dissimuler les liens avec le parti. Comme le raconte Dominique Simonnot dans un article de Libération, le déroulement du procès a permis d’éclaircir certaines zones d’ombres. Comment, par exemple, un cadre du FN a demandé aux jeunes hommes impliqués dans l’affaire de dissimuler leur carte et des documents du parti. Même malaise lorsque Bernard Courcelle assure que ces jeunes hommes n’auraient jamais participé à la sécurité des rassemblements Front national. Ce que l’un d’eux réfute, en évoquant 15 ou 20 interventions auprès de la sécurité.

Michaël Fréminet, assassin présumé, est finalement condamné à huit ans de prison en 1998.

 

 Le procès de Michaël Fréminet, condamné à huit ans de prison (INA)

 

Aujourd’hui encore, alors que des actes de violence ont encore lieu. Ouest France rapporte par exemple que trois militants du GUD sont poursuivis pour violence en réunion.  Dominique Sopo, président de SOS Racisme, évoquait son inquiétude sur les ondes de France Inter.

« Le Front national fait en sorte que ces gens ne soient plus visibles. Il y a une stratégie de lissage d’image et une volonté de tenir les troupes au maximum, mais mécaniquement l’extrême droite, lorsqu’elle progresse ne peut que provoquer un regain de violence. »

Caroline Pain

 
   

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