À la Fête de la soupe, les mélenchonistes « prêts à mener bataille »

EN CAMPAGNE. Malgré l’échec de la présidentielle, les partis de gauche sont toujours en campagne. Lundi 1er mai, les candidats aux législatives de la France insoumise, du Parti socialiste et d’Europe Écologie les Verts étaient sur le terrain lors de la Fête de la soupe de Wazemmes, un quartier populaire lillois. Même si le second tour est encore dans toutes les têtes.

 

La soupe à la grimace, c’est terminé. Pour le 1er mai, fête des travailleurs oblige, les partis de gauche étaient mobilisés. Dans un quartier acquis à leur cause, Wazemmes, où les socialistes l’avaient emporté avec plus de 65 % des voix en 2012, la France insoumise, le Parti socialiste et les Verts ont profité de la traditionnelle et populaire Fête de la soupe pour débuter leurs campagnes en vue des législatives des 11 et 18 juin prochains.

Les « Insoumis » prêts à se venger

Profitant de ses gros scores du week-end dernier, le stand de la France insoumise est pris d’assaut. Adrien Quatennens, candidat dans la 1ère circonscription – celle de Wazemmes – croule sous les sollicitations. Sur les tracts, la plateforme de Jean-Luc Mélenchon se vante d’être le « premier mouvement politique du pays » avec ses quelque sept millions d’électeurs et ses 500 000 « insoumis »

Éric et Melody en sont. Père et fille, ils militent aujourd’hui ensemble. Si Éric a derrière lui une longue carrière de militantisme à la gauche de la gauche, Melody est une nouvelle venue. « Je n’étais pas du tout politisée, j’entendais les grands discours de mon père mais ça ne m’intéressait pas, s’amuse-t-elle. Cette année, Mélenchon m’a vraiment séduite ».

Malgré la déception de dimanche dernier, ils restent très optimistes pour la suite. « On vote à La Madeleine », prévient Éric. Même dans cette ville historiquement à droite, il estime que la France insoumise a ses chances : « On a fait 16 ou 17 %, on a donc de grandes chances de pouvoir se maintenir dans une triangulaire ».

Adrien Quatennens, le candidat de la France insoumise, en pleine discussion avec un militant. 

 

La stratégie de la France insoumise pour les législatives est simple : « C’est un troisième tour »,  prévient Adrien Quatennens. « On se remet en ordre de bataille, on remonte sur le cheval », souligne-t-il. « La bataille ne fait que commencer. » Il en est convaincu, une majorité « insoumise » est envisageable au niveau national.

 

… mais indécis pour le 7 mai

D’autant plus convaincu qu’il joue à domicile : la Fête de la soupe de Wazemmes « attire des gens de notre bord » dans un quartier où Jean-Luc Mélenchon a recueilli plus de 30 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Pourtant, des militants préoccupés l’interpellent régulièrement : dimanche se profile le second tour de la présidentielle. « Il est dans toutes les têtes », reconnaît le leader local. Et pose un cas de conscience aux militants, car aucune consigne de vote n’a été donnée. « On s’apprête tous à faire des choix différents. Je rencontre des électeurs qui vont voter Macron, d’autres blanc, mais aussi des abstentionnistes », explique Adrien Quatennens.

Une seule certitude, répétée à l’envi : « Pas une voix pour le FN ». Mais entre Emmanuel Macron, le vote blanc et l’abstention, leur coeur balance. « Macron ne nous rend pas service. Il a été malhabile voire dangereux cette semaine », juge le candidat aux législatives, pointant pêle-mêle son appel à un vote d’adhésion, l’épisode de la Rotonde ou encore la séquence Whirlpool. Si Emmanuel Macron devient président, chez les « Insoumis », « le combat débutera dès le 8 mai ».

Des écolos dispersés

 

Michel Ifri, suppléant dans la 2ème circonscription du Nord.

 

À quelques mètres de là, le stand d’Europe Écologie les Verts a nettement moins de succès. « Nous étions les premiers à venir à la Fête de la soupe, il y a 17 ans, et ça continue aujourd’hui», explique Michel Ifri. Suppléant d’Hélène Hardy, la première candidate transgenre de France, il affiche pourtant ses inquiétudes. « Jérémie Crépel, notre secrétaire régional, a signé un appel à l’union des partis de gauche pour les législatives, mais les négociations sont difficiles ». En cause, les nombreuses conditions fixées par la France insoumise. Pourtant, les écologistes ont historiquement du succès à Wazemmes. « On fait généralement 13 ou 14 % », pointe le candidat. Une réserve de voix non négligeable pour la gauche, dans l’hypothèse d’un affrontement avec un candidat macroniste aux législatives.

Même en interne, les Verts peinent à se mettre en ordre de bataille. « Pour le second tour, la consigne c’est de voter Macron, mais je ne sais pas si je l’appliquerai », explique un militant écologiste souhaitant rester anonyme. « Vous savez, les consignes, elles sont loin d’être respectées. On avait un accord avec Hamon, pourtant beaucoup d’entre nous ont voté Mélenchon dimanche dernier » conclut Michel Ifri.

Changement de tracts au PS

 

François Lamy discute avec ses électeurs

 

Un stand est absent de la Fête de la soupe : celui du PS. Une première depuis l’an 2000. Le parti tient pourtant l’ancienne circonscription de Pierre Mauroy depuis 1981 (une mainmise interrompue entre 1993 et 1997). François Lamy, le candidat proche de Martine Aubry, est pourtant bien là, à déambuler autour des dizaines de stands de soupe. Mais officiellement, la campagne pour les législatives n’a pas encore débuté. Le mot d’ordre est simple : « faire battre le FN ». Les tracts officiels sont d’ailleurs restés dans les tiroirs pour faire place à un flyer de dernière minute appelant plutôt à « barrer la route à Marine Le Pen ».

À Wazemmes, Benoît Hamon n’a recueilli que 10 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, quand le député sortant Bernard Roman en avait accumulé plus de 41 % il y a cinq ans. En cause, le siphonnage des voix par Jean-Luc Mélenchon. Chez ses anciens camarades socialistes, on essaie de se rassurer : c’est la « personnalité » de Mélenchon qui a plu ; localement, la France insoumise « n’est pas si forte ». Mais en off, l’inquiétude est palpable. D’autant plus depuis que Jean-Luc Mélenchon a émis l’hypothèse d’être candidat dans la capitale des Flandres.

Gabrielle Trottmann, Stanislas Meltzheim et Martin Lange

 
   

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