Débat de l’entre-deux-tours : la bataille des détails

 

Tout peut encore basculer. Mercredi soir, le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron sera diffusé à 21h en simultané sur TF1, France 2 et BFMTV. Et durant ces 2h20 de diffusion, le moindre détail compte. 

 

 

Qui sont les journalistes qui vont animer le débat ?

David Pujadas (France 2) et Gilles Bouleau (TF1) avaient été proposés initialement pour animer le débat. Mais le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) demande aux équipes des candidats s’il était gênant que les présentateurs soient tous deux des hommes. La réponse ne se fait pas attendre : pour le représentant d’Emmanuel Macron, la parité devait être respectée. Catherine Nayl, la directrice de l’information de TF1, propose alors la présentatrice du JT du week-end, Anne-Claire Coudray… « Impossible », répondent les représentants frontistes Florian Philippot et David Rachline, qui reprochent à la journaliste une « trop grande proximité » avec les idées d’Emmanuel Macron. Les négociations mèneront finalement à un duo de journalistes inattendu : Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq, respectivement chefs du service politique de TF1 et de France 2.  Quant à la réalisation, poste sensible par excellence, c’est le réalisateur Tristan Carné qui y oeuvrera . Celui-ci a déjà réalisé le débat du second tour de la primaire de la droite et du centre (2016), du second tour de la primaire de la Belle Alliance populaire (2017) et le premier débat de la présidentielle, à cinq candidats. Pour l’entre-deux tours, « mon nom est sorti, car les deux candidats étaient satisfaits de ma neutralité et de mon impartialité lors des débats des primaires », a-t-il expliqué.

 

Oui, Emmanuel Macron aurait bien menacé de quitter le débat avant la fin

Mardi après-midi, BFMTV a déclaré qu’Emmanuel Macron aurait menacé de quitter le plateau au bout d’une demi-heure s’il servait de « punching-ball » à Marine Le Pen.

 

 

 

« C’est un échange off mal compris et mal retranscrit », explique un conseiller d’En Marche ! Mais pour le Figaro, Emmanuel Macron aurait bien mentionné cette éventualité, et même à deux reprises : lundi soir, lors de son intervention sur le plateau de TF1, et mardi matin, peu avant d’être interviewé sur RMC/BFMTV. Marine Le Pen, quant à elle, n’a pas attendu la confirmation pour répliquer immédiatement sur Twitter : « Si M. Macron ne se sent pas à l’aise, il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main, je ne m’y opposerai pas ».

 

 

 

Pas de fact-checking des réponses des candidats : c’est la résolution qu’ont pris les journalistes pour le débat de mercredi soir. Mais Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq seront tout de même en contact permanent avec la directrice de l’information de TF1 Catherine Nayl, et le directeur de l’information de France Télévisions, Michel Field, grâce à leur oreillette. « Il s’agira surtout de leur donner des indications sur les temps de parole », explique Catherine Nayl.

 

Des fauteuils pour des candidats « un peu traumatisés » par la position debout

Coté décor, le plateau sera sobre, « couleur champagne » – comme en 2012 – avec une grande table blanche au milieu du plateau et une photo de l’Élysée en fond. Il n’y aura pas de public, les candidats n’en voulaient pas. Ceux-ci n’auront pas de pupitre : ils resteront assis durant les 2h20 d’émission. Ils en ont fait la demande après avoir été « un peu traumatisés » par la position debout durant les autres débats, a avoué Catherine Nayl. Ce soir, le scénario ne se répétera pas : « ils choisiront eux-mêmes dans quel fauteuil ils se trouvent le mieux assis ». En coulisses, le réalisateur Tristan Carné orchestrera le ballet des 14 caméras (plus cinq de secours) et de la grue.

 

 

 

C’est décidé, il y aura bien des plans de coupe

Le réalisateur Tristan Carné aura bataillé jusqu’à la dernière minute pour obtenir l’autorisation de faire des plans de coupe. Les plans de coupe sont des plans où l’on peut voir le candidat qui ne parle pas écouter et réagir silencieusement aux paroles du premier. Ils sont proscrits depuis le débat de 1981, à quelques exceptions près : pour les débats des primaires de la gauche et de la droite par exemple, tous les candidats avaient accepté. Ces plans rendent la réalisation plus vivante, mais constituent un risque pour les candidats qui peuvent se voir filmés en train de relire leurs notes ou de regarder leur téléphone portable, comme François Fillon pendant le débat de la primaire de la droite. Pour le débat de l’entre-deux tours, l’équipe d’Emmanuel Macron s’est dit « à fond pour les plans de coupe », mais a précisé qu’elle se heurtait au « veto » de Marine Le Pen. Mercredi, en fin de matinée, les équipes des deux candidats réunies au siège du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) se sont pourtant mis d’accord : Tristan Carné pourra faire de plans de coupe. Pour le réalisateur, « c’est une petite révolution qui met fin à trente-six ans de rigidité ». 

 

Tifaine Cicéron

 
   

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