Débat d’entre-deux-tours : cette fois, c’est différent

 

EN CAMPAGNE. Mercredi à 21h, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affronteront dans un débat d’entre-deux-tours. Un passage obligé, qui ne fait pas forcément bouger les lignes. Mais cette année, le débat pourrait avoir un vrai impact sur les scores dans les urnes.

 

Depuis 1974 et le premier débat télévisé entre les deux finalistes, les confrontations d’entre-deux-tour sont des temps forts des campagnes présidentielles. De gros succès d’audience où les petites phrases font loi : le fameux « monopole du cœur » de Giscard face à Mitterrand, le célèbre « Vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre » de Mitterrand face à Chirac. Et bien sûr, l’anaphore de Hollande face à Sarkozy : « Moi, président de la République…» Mais ces grands moments de télévision sont-ils pour autant décisifs dans le choix des électeurs ?

 

 

Des électeurs renforcés dans leur choix

 

Les débats présidentiels « n’ont jamais modifié l’écart enregistré entre les candidats », explique Christian Delporte, historien spécialiste de la communication politique, au site d’information Contrepoints. En 2012, au lendemain du débat Sarkozy-Hollande, les prédictions de l’Ifop étaient les mêmes que la veille : 47% pour le candidat de la droite, contre 53% pour le candidat socialiste, qui avait dominé le débat. Les électeurs ressortent, en règle générale, confortés dans leur choix de candidat.

Mais cette année, la confrontation revêt un caractère inédit : c’est la première fois qu’un candidat du Front national y participera, Jacques Chirac ayant refusé de débattre avec Jean-Marie le Pen en 2002. Première fois aussi qu’il n’oppose pas deux candidats issus des partis de gouvernement traditionnels : une large partie de l’électorat à qui ils s’adresseront ce soir doit se repositionner entre les deux tours. Et en 2017, l’indécision du corps électoral et des responsables politiques pourrait bien changer la donne.

 

 

Appels du pied aux indécis

 

Les efforts de Marine Le Pen et Emmanuel Macron se concentreront donc sur les indécis, qui doivent choisir entre les deux candidats… ou l’abstention. Un sondage Ifop estime que 28% des électeurs pourraient bouder le second tour, contre 19,66% en 2012. Face au « ni Le Pen, ni Macron », le candidat d’En Marche ! va devoir convaincre. Apparaitre aux yeux des potentiels abstentionnistes comme le candidat du moindre mal pour les convaincre de glisser son bulletin dans l’urne.
S’il se refuse pour l’instant à toute « preuve d’amour » envers les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, notamment concernant la loi travail, la candidate du Front national, elle, leur fait des appels du pied. Car ces électeurs sont en position d’influer sur le résultat de l’élection. 39% des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon projettent de ne pas trancher dimanche. Même tentation pour 31% des soutiens de François Fillon.

 

 

 

Noé Pignède

 
   

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