Macron tente de rassembler à gauche

 

EN CAMPAGNE. Lundi à la Villette, le candidat Macron a infléchi son discours. Objectif : rallier à lui les indécis de gauche, tentés par l’abstention.

 

La stratégie pour lui est toute trouvée. Face à l’extrême droite, il suffit à Emmanuel Macron de se poser en rempart, en garant d’une République en péril. « Je porte le combat pour la République et pour la démocratie libre », a-t-il lancé devant un parterre de militants lundi à La Villette.

Mais alors que certains regrettent l’esprit perdu du 21 avril 2002, et à l’heure où de nombreux électeurs mettent dos à dos le candidat « de l’extrême droite » et celui de « l’extrême finance », Emmanuel Macron a tenté de donner des gages à la gauche.

S’il a opposé une fin de non-recevoir à Jean-Luc Mélenchon qui lui demandait, sur TF1, de renoncer à sa réforme du Code du travail par ordonnance, il a voulu envoyer un certain nombre de signaux à un électorat de gauche déboussolé.

 

Une commission d’expert pour le CETA

Plus concrètement, il s’est dit prêt à nuancer sa position sur le CETA. Ce traité de libre-échange, conclu entre le Canada et l’Union européenne, cristallise les critiques à gauche, agissant comme un véritable répulsif. L’accord, en effet, ne satisfait pas aux critères sociaux et environnementaux de l’Union européenne. « J’entends les doutes, j’entends les incertitudes », a-t-il déclaré, promettant de nommer une commission d’experts et de scientifiques indépendants, qui sera chargée  d’étudier «les conséquences environnementales et sur la santé de cet accord ».

Sans revenir sur sa position, le candidat a cependant déclaré que ce traité avait été conçu « à l’écart du processus démocratique, dans une forme de décision qu’il nous faudra changer à l’avenir ».

 

Inflexions sur l’Europe

Emmanuel Macron a été, durant toute la campagne, le seul candidat à se positionner clairement en faveur de l’intégration européenne, sans critiquer la très controversée directive sur les travailleurs détachés – une directive qui permet d’envoyer de façon temporaire des salariés dans un autre pays membre, tout en payant les cotisations sociales dans son propre pays.

Mais lundi, il a opéré un revirement certain, en promettant de réformer la directive. Dépeint par ses adversaires comme le défenseur d’un mondialisme fou, Emmanuel Macron s’est en effet positionné comme le futur président des « sans-grade », des « oubliés ». Une manière, cette fois, de s’adresser aussi au public mariniste.

L’ancien locataire de Bercy a également déclaré vouloir protéger « toutes les familles », prenant en exemple la sienne – « un peu différente », et affirmant défendre « ce qui a été fait durant ce quinquennat » sur les questions de société. S’il est favorable à la PMA, Emmanuel Macron ne souhaite cependant pas ouvrir le droit à la Gestation pour autrui aux couples homosexuels.

Avec ces mesures, le candidat Macron esquisse une tentative de rallier la gauche de la gauche, face à une Marine Le Pen, qu’il a tenté de « rediaboliser » ces deniers jours à grands coups de visites symboliques, comme autant de références à un passé que le Front national tente d’effacer. Reste à savoir si l’électorat de gauche sera sensible à cet appel.

Roxane Poulain

 
   

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