Débat d'entre deux tours : Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Macron vs Le Pen : ce que les électeurs attendent du débat

EN CAMPAGNE. Objectif de ce débat d’entre deux-tours pour Marine Le Pen et Emmanuel Macron : remporter le suffrage de ces Français qui n’ont pas voté pour eux le 23 avril. Mais face à un duel si polarisé, est-il encore possible de rallier à sa cause ceux qui ne sont pas convaincus? Au Charbon a demandé à leurs électeurs respectifs ce qu’ils attendaient du débat.

L’échéance approche et les duellistes affûtent leurs dernières armes. A grand renfort de fiches, de mémos et – enfin, on l’espère – de punchlines bien préparées, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’apprêtent à rentrer dans l’arène. De l’autre côté du petit écran, les électeurs des deux candidats à la présidentielle se préparent pour le spectacle final.

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“Il est possible que Macron se fasse démonter par Le Pen”

L’ancien ministre de l’économie a beau partir gagnant dans les sondages, Lucas A.,qui a choisi le bulletin du  fondateur d’En marche! au premier tour, le voit “assez mal parti.” “Il est possible qu’il se fasse démonter par Marine Le Pen, développe-t-il. Il était déjà très écrasé dans le débat à onze, pas vraiment audible puisqu’il était trop occupé à ne fâcher personne.

“Macron était déjà très écrasé dans le débat à onze, pas vraiment audible puisqu’il était trop occupé à ne fâcher personne.”

Cette faiblesse s’est vue clairement dans les discours qui ont suivi le premier tour. Celui de Le Pen était propre, cadré. Macron a plus de mal à plus de mal à rentrer dans cette posture présidentielle. C’est quand même un comble…”

“Il ne faudrait pas que Marine Le Pen en fasse trop dans le côté rassurant”

A l’inverse, Antoine Chudzik, partisan de Marine Le Pen, sent plutôt bien la confrontation à venir. Sa candidate a été “très très bonne” dans sa campagne. Il estime qu’elle a perdu en agressivité. “Il ne faudrait pas non plus qu’elle tombe dans l’excès inverse, qu’elle en fasse trop dans le côté rassurant et qu’elle perde de son côté incisif”, craint cet ancien électeur de François Hollande, qui est désormais le conseiller régional de Bourgogne Franche-Comté pour le Front National.

“Il ne faudrait pas que Marine Le Pen elle perde son côté incisif”

“Mais elle est expérimentée et sait mieux se maîtriser. Macron, dès qu’il est mis en défaut, à tendance à s’énerver, à s’emporter”, juge-t-il.

Il espère que le débat sera l’occasion de briser cette fameuse “machine médiatique” qui les écrase et à montrer qui sont les “vrais démocrates”.

L’enjeu pour Macron : “ne pas rentrer dans le jeu du FN”

L’enjeu, pour Macron? “Ne pas rentrer dans le jeu du FN, qui va l’attaquer sur son bilan et sur le terrain des valeurs”, anticipe Paul, 24 ans, qui travaille dans une start-up parisienne. Celui qui se voit comme “l’électeur-type de Macron, quoi” attend de son candidat qu’il reste sobre, évite les sujets clivants et s’attache à montrer les failles économiques du programme de son adversaire. Il a tout à y perdre, estime Paul, qui redoute que son candidat “ressorte des conneries, comme lorsqu’il avait affirmé qu’il n’y avait pas de culture française”.

“On attend Emmanuel Macron au tournant”

Antoine Chudzik a plutôt hâte d’en découdre sur les thématiques du terrorisme, de l’immigration, ou du burkini. “On attend Emmanuel Macron au tournant”, proclame l’élu frontiste. Sur la question des bégaiements du FN sur la sortie de l’euro, il est beaucoup moins disert. “Si Macron l’aborde, à la limite”, on pourrait peut-être en parler, glisse-t-il du bout des lèvres.

“Mettre Marine Le Pen face à ses contradictions”

L’Europe, pour Lucas A., c’est le talon d’Achille de Marine Le Pen et il va falloir ‘la mettre face à ses contradictions”. Le débat pourrait permettre à Emmanuel Macron de montrer un peu plus de courage, “comme celui qu’il a eu à Whirpool face aux huées des ouvriers”. En tout cas, Paul a décidé, et ne regardera pas le débat. “J’ai peur que ça ne soit pas intéressant, comme d’habitude”. Avis partagé, dans le camp adverse, par Yoan.

“Les débats ne servent qu’à rabaisser les autres et créer une petite guéguerre entre candidats”

Pour sa première élection, le jeune homme de 20 ans a choisi de voter Marine Le Pen, pour “la sortie de l’union” et son programme sur l’immigration. Mais des débats, il n’en a regardé aucun. “A part rabaisser les autres et créer une petite guéguerre entre candidats”, il n’y trouve pas un grand intérêt. Et puis le programme de Marine Le Pen, il le connaît. “Même si c’est une femme”, elle en impose et “n’a jamais changé sa ligne”, croit-il savoir.

Lucas, lui, ne se départ pas de son pessimisme. “Macron s’est quand même aliéné le vote d’une partie de la population qu’il sera incapable de récupérer. Il suffit d’observer la répartition des suffrages du premier tour pour se rendre compte qu’il n’arrive pas à parler aux jeunes, aux quartiers populaires.”

“Se décider à faire barrage contre le FN”

Dans le cabinet d’avocat où il travaille, “tout le monde vote Fillon”. Mais ses amis, avec qui il prévoit de regarder le débat, eux, sont plus Insoumis que Républicains. S’ils avaient promis de ne pas voter au second tour, ils pourraient “quand même se décider à faire barrage au FN. Mais ça, ça tient plus à une volonté de faire corps contre Marine Le Pen qu’au positionnement de Macron.” Le débat pourrait bien influer sur leur détermination à se rendre aux urnes ou non.

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Marième Soumare 
 
   

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