Les étudiants étrangers à l’épreuve du débat

EN CAMPAGNE. Ils sont italien, américain, allemand, brésilien, mexicain. Ils ont tous tenu à se réunir pour suivre le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, grand-messe de l’entre-deux-tours. Soirée internationale pour une confrontation très française dans une résidence universitaire de Lille. 

 

La soirée ressemble beaucoup à celle que passeront les jeunes Français devant la télévision : apéritifs, alcool et… jeu à boire. Dès le départ, Simone, étudiant italien, me dit qu’il est surpris par la posture de Marine Le Pen. « Elle a l’air en difficulté. Son ton sarcastique doit être un moyen de défense. » Le geste de la candidate FN, qui remet régulièrement sa mèche derrière son oreille, l’agace. Sur la forme du débat, il remarque que les journalistes présents ont une approche plus directe avec les candidats. Enfin, lorsqu’ils parviennent à reprendre la parole ! Le « journaliste homme » (Christophe Jakubyszyn de TF1, ndlr) « ne parle presque pas ». Et malgré les compteurs affichés sur les écrans, les candidats ne veulent pas rendre la parole. Emmanuel Macron se pose même les questions tout seul… sûrement parce que les arbitres ont déserté le plateau.

 

                                                            Les étudiants ont choisi de suivre le débat en s’amusant… Photo : J.-L. ADÉNOR

« Le Pen est le danger le plus grave. » – Till

Till, l’étudiant allemand, estime que Marine Le Pen sait déjà qu’elle ne peut pas gagner : elle multiplie « les attaques personnelles » et « compare Emmanuel Macron à un professeur ». Le jeune homme, vingt-et-un ans, a un point de comparaison : il me raconte le débat entre Angela Merkel contre Peer Steinbrück en 2013. « C’était beaucoup plus professionnel, explique-t-il, sur le programme et pas sur les attaques personnelles. » Une Française de la résidence l’interpelle : « moi, je ne voterai pas ». Le jeune berlinois ne comprend pas : « Le Pen est le danger le plus grave. »

 

Un stock était prévu pour leur soirée bière/politique. Photo : J.-L. ADÉNOR

 

« Une heure chacun, c’est très long » soupirent plusieurs de ces étudiants. Et c’est vrai qu’il est difficile, après un jeu où les mots « Islam » ou « République » obligent à boire une gorgée de bière, de rester concentré sur le débat. Alors les conversations vont bon train : une étudiante mexicaine discute avec un Américain du mur de Donald Trump. « Il le construira s’il veut, mais il le paiera tout seul. » Un autre s’interroge : « comment les jeunes peuvent-ils voter pour Marine Le Pen ? ». Je lui explique que c’est à cause du chômage, qui touche particulièrement cette catégorie de la population.

Après plus d’une heure et demie, Till se tourne vers moi : « désolé, j’imagine que les Français sont plus attentifs pendant les débats. » Je lui explique que non, que les jeunes Français, pour ceux qui sont devant la télé, sont probablement en train de faire la même chose : boire des bières, lever les yeux vers l’écran lorsque l’un des candidats lance une pique avant de reprendre leurs conversations en tâchant de couvrir le volume de la télévision.

Jean-Loup Adénor

 
   

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