Femen contre Le Pen : « Hénin-Beaumont nous a valu 35h de garde à vue. Du jamais-vu »

EN CAMPAGNE. Habituées à perturber les meetings frontistes, elles dédicaçaient leur livre au théâtre du Nord, le 2 mai. Coiffées de leur incontournable couronne de fleurs, Sarah Constantin et Constance Lefèvre, membres des Femen, ont profité de la présentation de Rébellion, le dernier livre-témoignage du mouvement, pour parler de leurs conviction. En plein entre-deux-tours, celles qui ont troublé le premier tour du Front National à Hénin-Beaumont poursuivent leur combat contre Marine Le Pen.

 

Pourquoi avoir décidé de sortir ce livre, et pourquoi en cette période ?

Sarah Constantin: On l’a sorti le 9 mars, soit le lendemain de la journée internationale pour les droits des femmes, parce que ça fait presque 10 ans que Femen existe. Ca va aussi faire 5 ans qu’on est en France. On a sorti ce livre pour raconter notre propre histoire, qui n’a pas toujours été racontée de manière réelle et bienveillante. Il y a beaucoup de fantasmes sur notre mouvement, et on voulait profiter de ce livre pour développer les idées qu’on met en scène.

Constance Lefèvre : Rébellion fait suite au manifeste qu’on a sorti il y a deux ans. C’est un développement : on apporte des témoignages d’activistes, qui racontent une action à la première personne. Le manifeste, il apporte les grandes idées, mais il est court. Je crois qu’il fait trente pages. Ce livre, il entre en continuité, mais il permet de développer à la fois les idées qu’on combat, et les idées qu’on défend.

« On s’est apercues que le FN avait un trombinoscope et cherchait nos visages dans la foule »

Quels sont les combats que vous menez, en France ?

SC : Tous ! (elle rigole) Plus sérieusement, notre grand combat actuellement, c’est une opposition nette à Marine Le Pen, comme vous avez pu le voir à Hénin-Beaumont. On y est allées avec des masques représentant ses alliés politiques : Trump, Poutine, Farage… Ce qui nous a valu une arrestation et une garde à vue de 35 heures. Ça ne nous était jamais arrivé. Nous avons été arrêtées au début pour exhibition sexuelle – la France est le seul pays où ça se passe comme ça, ailleurs, c’est atteinte aux bonnes moeurs. La justice française est la seule à considérer que le torse d’une femme utilisé comme opinion politique est obscène.

Quelle est votre attitude vis-à-vis de ce second tour ?

CL : Femen n’est pas un parti politique…

SC : Mais on appelle à voter contre Marine Le Pen.

« La rumeur court comme quoi il y aurait un casting pour rentrer chez les Femen. C’est faux. »

Que pensez-vous du traitement des questions féministes dans cette campagne présidentielle?

CL : Le féminisme est de plus en plus abordé.

SC : Il faut rappeler que 53% des électeurs sont des électrices. Mais on a souvent l’impression qu’on fait un pas en avant, et trois pas en arrière. Un truc qui m’a fait rire, c’est que sur les sites des candidats, on fait beaucoup de communication sur la question des femmes. Mais quand on clique sur les onglets, on voit qu’il n’y a pas beaucoup de propositions. Et puis il faut voir les actions que font les politiques de leurs mandats. Pour Emmanuel Macron, c’est difficile puisqu’il n’a jamais été élu. Mais Marine Le Pen, pendant son mandat d’euro-députée, elle a voté contre beaucoup de textes en lien avec les droits des femmes. C’est ironique…


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On a bien compris que vous considériez Marine Le Pen comme une « féministe fictive » – c’est le slogan que vous avez crié à l’un de ses meeting – mais que pensez vous quand Emmanuel Macron se proclame candidat féministe ?

SC: Une énième posture de communication ?

CL: On attend de voir.

Le dimanche du premier tour, trois de nos envoyées spéciales à Hénin-Beaumont ont été interdites de meeting et contrôlées par la police car elles avaient « un profil Femen ». Qu’est ce que ça vous inspire?

CL: On en a entendu parler ! La première chose qu’on s’est demandé, c’est « C’est quoi un profil Femen ? »

SC: C’est plutôt quelque chose de positif, ça montre quelque chose. Mais on s’est rendues compte qu’ils avaient un trombinoscope, et qu’ils cherchent les personnes dans la foule. Manque de bol, la dernière fois, on avait des masques. (elle rit)


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Pour finir, quelles sont les remarques, ou les questions qu’on vous pose le plus souvent ?

CL: Pourquoi les seins nus ?

SC: Le casting : une rumeur court comme quoi on ferait un casting pour rentrer chez les Femens, ce qui est faux.

CL: On a notre lot d’insultes aussi…

SC: Mais on en rigole: la dernière fois, on nous a dit qu’on était des merdes liquides sur Twitter. C’était drôle.

CL: Et puis aussi on nous demande toujours « Quand est la prochaine action ? »

Quand est la prochaine action ?

SC: (Rires) On ne peut pas répondre. Mais vous nous reverrez bientôt.

Louise Thomann

 
   

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