Foyer Saint-Dominique : le débat Macron-Le Pen, un mauvais film

EN CAMPAGNE. L’affiche Macron-Le Pen avait d’abord attiré une foule d’étudiants dans la salle télé du foyer dominicain de Lille le 3 mai à 21 heures. Deux heures et demie plus tard, il ne restait plus que deux frères et trois étudiants à la fin du débat de l’entre-deux-tours. Certains ont dû regretter de n’avoir pas regardé Monaco contre la Juventus de Turin…

 

Un bon début. Aux premières minutes du débat Macron-Le Pen, une salle comble dans le foyer Saint-Dominique de Lille. Avec ses briques blanches et ses fenêtres en meurtrière, l’espace est intime,
à peine plus grand qu’une chambre d’étudiant. Presque invisible, à l’angle d’un carrefour des interminables couloirs. Mais, ce soir, la porte ne cesse de s’ouvrir. On se bouscule, il manque des chaises. Un étudiant, par respect, cède sa place au frère Emmanuel. Le public frémit. Ça rit, ça souffle, ça pouffe, ça râle à la même cadence que Le Pen et Macron se balancent leurs piques. Les phrases qui ont fait le plus réagir ? « Vous buvez des coups à la Rotonde » (Le Pen), « Cherchez dans vos dossiers » (Macron), « Ne jouez pas au professeur avec moi, ce n’est pas mon truc ! » (Le Pen). Remarque ouïe à propos du candidat d’En Marche !, qui hausse les épaules : « On dirait Sarko qui parle. » Un autre, au bout de dix minutes, s’exaspère : « La journaliste [Natalie Saint-Cricq, NDLR] est soumise à Macron, elle n’arrive pas à lui couper la parole. » Déjà, Macron et Le Pen ne finissent pas de s’écharper. Inaudibles.

 

Hécatombe

« Oh, on ne s’entend pas ! », tonne comme s’il était sur le plateau un étudiant au milieu de la salle du foyer. Et c’est bien là que le bât blesse. Après vingt minutes de débat, les premières places commencent à se vider. Parmi les téléspectateurs restants, l’impatience grimpe : « On avance ? » Grand calme pendant les questions de terrorisme. L’amusement reprend vite sur l’expression « poudre de perlimpinpin » d’Emmanuel Macron (« il a réussi à le placer ! ») pour qualifier la fermeture des frontières. Même rigolade sur la mise en cause par Marine Le Pen de la « loi Macron-El Khomri ». Mais on entend encore deux fois les mots « insupportable », un « on peut continuer ? ». En partant, un jeune glisse au frère Emmanuel, originaire du Congo : « C’est pitoyable ! Il vaut mieux écouter les débats au Congo. Les deux sont mauvais ! » Un autre : « Je voulais arrêter de faire mes devoirs ce soir, mais je ne vais pas le faire. On s’ennuie trop, ça tourne en rond ! »

 

« Discours de fou »

22h30. La pièce s’est vidée de moitié. Quelques résistants parmi trois frères. Une hécatombe digne d’un nanar. Les deux candidats n’en finissent pas de s’attaquer et de répliquer. « Ça devient lourd ! », s’agace l’un d’eux. Un deuxième s’étire les bras et manque de faire tomber le panneau derrière lui.

Le frère Emmanuel s’indigne à plusieurs reprises. « C’est quoi cette manière de faire. Laissez l’autre terminer son propos ! » A propos de Marine Le Pen, sur l’euro : « C’est plein de bêtises. » Sur les journalistes : « Ils ne savent pas les arrêter ! » Derechef sur la tenue du débat : « C’est un discours de fou. Personne n’écoute l’autre ! » Il s’en ira vers 23h15, quinze minutes avant la fin, avec ces mots : « Les intellectuels ne peuvent pas supporter ça. »

Entre-temps, Corentin, un étudiant, est arrivé. Il regarde un peu l’affrontement. « Et c’est comme ça depuis deux heures ? » Louis, pro-Mélenchon, lui répond : « Minable. Des enfantillages : elle se fout de sa g… et, lui, il parle comme à une gamine. Je préférais du temps de Mitterrand-Chirac. » « Et moi de de Gaulle, même si je n’étais pas né », poursuit Corentin. Paul Olive donne le clap de fin : « C’était comme un film d’action hyper intense, si intense que c’était, aux moments où ils ne s’entendaient pas, difficile de suivre. »                

Jérôme Hereng


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