Y aura-t-il assez d’assesseurs dans les bureaux de vote ?

EN CAMPAGNE. Les assesseurs – les petites mains des bureaux de vote –  seront-ils assez nombreux dimanche pour assurer le bon déroulement du deuxième tour de l’élection ? D’ordinaire, ces bénévoles viennent surtout des grands partis de gouvernement, les Républicains et le Parti Socialiste. Mais ils ont été éliminés au premier tour. Le Front National et le mouvement En Marche ! n’auraient pas assez de troupes pour les remplacer. 

 

La semaine dernière, France Info lance l’alerte : « Une inquiétude monte dans cet entre-deux-tours. Y aura-t-il assez d’assesseurs pour tenir tous les bureaux de vote le 7 mai prochain ? » Lundi, France Inter crie à la pénurie et mardi La Voix du Nord en fait sa Une. Mais doit-on vraiment s’inquiéter ?

 

 

Dans les bureaux de vote, les assesseurs sont chargés toute la journée de vérifier la carte d’identité et la carte d’électeur des votants. Le soir, ils sont présents au moment du dépouillement pour compter les bulletins. Bref, sans eux, impossible d’assurer le bon déroulement de l’élection. Selon le code électoral, chaque bureau de vote doit compter un président, le plus souvent un élu municipal, deux assesseurs et un secrétaire, soit quatre personnes.

 

 

Comment sont choisis les assesseurs ?

C’est là que ça se corse. Dans chaque mairie, un service « élections » constitue une liste des bénévoles présents dans les bureaux de vote. Le maire et les élus municipaux sont répartis pour tenir la fonction de président. Pour trouver des assesseurs, le maire compte sur les partis politique. Patricia Plancke de la fédération du Front National du Nord raconte qu’elle a reçu plusieurs coups de téléphone de la part des maires : « c’est plus de la sollicitation, c’est du harcèlement ! » Dans la métropole lilloise, huit maires sur dix lui ont demandé des assesseurs. Mais selon elle, « il ne faut pas rêver, je défie les autres partis politiques de trouver au moins un assesseur par commune, sachant qu’il y a en 664 dans le Nord. » De son côté, Sarah Robin, chargée des élections pour le mouvement En Marche ! dans le Nord a affirmé avoir réuni « 500 assesseurs et 130 délégués ». Si l’effort est louable, cela ne suffit toujours pas pour garantir la présence d’au moins deux assesseurs par bureau de vote.

Dans les petites communes de 5000 habitants où il n’y a que quatre bureaux de vote en moyenne, le problème ne se pose pas. Pourquoi ? Les conseillers municipaux, qui ont l’obligation d’être présents dans les bureaux de vote sont en nombre suffisants pour être assesseurs. Le constat est différent dans les grandes communes. Nathalie Lecomte du service « élections » de la mairie de Roubaix explique que si les 53 élus municipaux se répartissent dans les 46 bureaux de vote de la ville, cela ne suffit pas pour garantir la présence d’un président et de deux assesseurs dans chaque bureau. Dans une ville où le taux d’abstention au premier tour était de 37,50%, la mobilisation des citoyens est faible. La mairie a choisi de tirer au sort 50 électeurs par bureau de vote et de les solliciter par courrier. Seuls 10% des électeurs ont répondu et souvent par la négative. Malgré tout, l’ensemble des bureaux de vote de Roubaix ont pu être ouverts au premier tour mais qu’en sera-t-il au deuxième ?

 

Faire fonctionner la démocratie

Le deuxième tour a pris un tournant inédit puisque les deux grands partis institutionnalisés ne sont pas représentés. Beaucoup d’assesseurs qui avaient l’habitude d’être présents dans les bureaux de vote étaient affiliés au Parti Socialiste ou aux Républicains. Ils n’ont pas l’intention de se déplacer pour le deuxième tour, ce qui ne ravit ni le Front National, ni le mouvement En Marche !. Sarah Robin déplore que « les mairies ont une base d’assesseurs depuis longtemps avec les deux grands partis, ces personnes devraient vouloir que la démocratie fonctionne et pas uniquement être présentes sur un bureau de vote pour représenter leur candidat lorsque celui-ci est en lice ».

Mais pas de panique, si jamais une mairie n’arrive pas à réunir suffisamment d’assesseurs bénévoles, elle peut réquisitionner le jour-même les premiers électeurs venus voter dans le bureau de vote. Quant au maire de Saint-Pol-sur-mer, il a peut-être trouvé la solution. En 2004, il a acheté des machines à voter. Plus besoin de partir à la chasses aux assesseurs : à 19h10, les robots cracheront un résultat à la seconde près.

Rédactrice : Louise Cognard

Infographie : Tifaine Cicéron

Crédit photo : Roman Oswald


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