Ce que j’ai vu dans cette présidentielle

EN CAMPAGNE. Au mois de mars, j’ai commencé à suivre l’élection présidentielle en photos. Des meetings bondés de Mélenchon aux conférences interminables d’Asselineau, en passant par les fêtes champêtres du FN et les manifestations du premier mai, la campagne a été aussi passionnante qu’elle a été violente. En douze images, voici les moments qui m’ont le plus marqué pendant la course à l’Elysée 2017.

 

Ce jour-là, François Fillon apparaît fatigué devant ses sympathisants à Lille. « J’irai jusqu’au bout », clame-t-il quelques semaines plus tôt. Il est lâché par la plupart de ses fidèles, et mise tout sur un dernier sursaut de l’électorat à droite.

 

Le candidat du Parti socialiste vient d’achever un meeting dans une ambiance délétère au sein de la gauche. Le matin-même, Manuel Valls, défait à la primaire, le lâche pour Macron. Rassuré aux côtés de Martine Aubry et Cécile Duflot, il appelle ses électeurs au « vote utile » – comprenez en sa faveur, face à une gauche dispersée. Il finira la course à 6.5%.

 

« Un mec comme nous, un mec qui taffe ». Philippe Poutou, avec l’attitude la plus naturelle qui soit, attaque Fillon et Le Pen lors du débat à onze, sur CNews et BFMTV. Ce que la toile retiendra, c’est le  « candidat en t-shirt », brut et offensif. À Lille, il attire beaucoup de curieux et d’indécis, des gens en quête de « chaleur humaine » dans ce climat politique tendu.

 

S’il fallait résumer la campagne en un seul mot, ça serait sûrement  « système », souvent incarné par l’Union européenne. François Asselineau s’impose comme le « seul candidat du Frexit », en axant toute sa campagne autour d’une mesure : la sortie de l’Union européenne. Le candidat anime une conférence longue de près de trois heures, avec comme trame…un Powerpoint ! Inédit.

 

Nicolas Dupont-Aignan espère encore une mobilisation des indécis en sa faveur, pour atteindre le second tour. Il monte sur un strapontin, juste en face de moi, et jubile au beau milieu de son public et des caméras. Il achève sa campagne au premier tour, à 4.7%, puis rallie ensuite Marine Le Pen, qui lui promet un poste de premier ministre en cas de victoire.

 

25 000 personnes viennent écouter Jean-Luc Mélenchon à Lille, c’est au moins deux fois plus que n’importe quel meeting auquel je me suis rendu pendant la campagne. Le candidat de la France insoumise s’est imposé durablement pendant la campagne présidentielle, pour finir à la quatrième place, avec 19.5% des suffrages.

 

Pour le premier meeting d’entre-deux-tours d’Emmanuel Macron, une grande majorité de jeunes parmi le staff d’En Marche!. À la fin du meeting, Quentin, 26 ans, vient me chercher lui-même : « vous voulez faire une image des jeunes avec Macron ?». De vrais starlettes !

 

Après un débat raté, Marine Le Pen achève sa campagne à Ennemain, commune de 250 habitants dans la Somme. Dans l’ambiance folklorique de cette  « grande fête populaire », une part de la « France profonde », clame son soutien à la candidate du FN.

 

« J’adore les photos», lâche Florian Philippot à ses nombreuses groupies qui veulent leur selfie avec le vice-président du FN. L’amoureux des médias, celui qui a réussi à imposer la ligne « soft » au sein du Front. Tout sourire, entre deux salutations, son regard croise le chemin de mon objectif. La mine sereine, le bras droit de Marine Le Pen reprend son bain de foule.

 

Quelques secondes pour saisir cette image avant de me faire dégager par la sécurité. Marine Le Pen aux portes du pouvoir, face à son propre destin. L’extrême droite n’a jamais été aussi proche de la victoire : la vague bleu marine peut-elle encore déferler, ou va t-elle s’écraser sur le front républicain ?

 

« Parce que c’est notre projet ! », c’est sans aucun doute LA punchline qui restera de cette présidentielle. Un véritable rouleau compresseur. Au fil des semaines, Emmanuel Macron perce la scène politique française, et arrive en tête au premier tour avec plus de 24% des suffrages. Dans ses meetings, le candidat se laisse volontiers porter par le public, dans des effusions de joie inattendues.

 

Le 1er mai 2002, 500 000 personnes défilent dans la rue contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Quinze ans plus tard, seulement 80 000 personnes crient leur rejet du FN, mais d’autres récusent les deux finalistes. J’étais en tête de cortège, entre les black blocs et les CRS. Les deux parties s’échangent cailloux contre gaz lacrymogènes, quand un casseur lance un cocktail molotov en direction d’un lanceur de flashballs. Un acte isolé qui vient tristement faire la une des médias étrangers, à moins d’une semaine du second tour.

Photos et texte : Clément Bolano

 

 
   

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