Pourquoi Marine Le Pen a-t-elle perdu ?

EN CAMPAGNE. Avec une estimation de 35 % des voix pour la candidate du Front national, la défaite est rude pour celle qui présentait sa candidature pour la seconde fois.

 

  • Parce qu’elle a raté le débat ?

Pas vraiment. Dans les heures et les jours qui ont suivi le débat du 3 mai, les commentateurs ont analysé les réponses, les comportements, les accrochages, bref, l’affrontement entre les deux candidats. Globalement Emmanuel Macron en a été désigné le vainqueur.

Pourtant, beaucoup de politologues insistent sur le fait que les débats n’ont pas une grande incidence sur l’issue du vote. Pour plusieurs raisons : ils interviennent trop tard pour avoir une vraie incidence, les électeurs se sentent souvent confortés dans leurs opinions plutôt que prêts à changer de candidat favori. Seule influence possible : « Le débat aura peut-être convaincu une partie des indécis », pour Christian Delporte, dans un entretien donné à la Croix.  

En revanche, les débats marquent les esprits et s’inscrivent dans la mythologie de l’élection présidentielle. On se souvient des phrases marquantes, de la dramaturgie, plus que des propos tenus pendant ces débats comme le montre cette vidéo de Franceinfo. 

 


Débat : 7  techniques pour mettre son adversaire KO
 

  • Parce qu’elle a eu une mauvaise com’

Difficile de s’y retrouver. Au départ de la campagne, la candidate du Front national le portait en mesure phare : la sortie de l’euro. Puis, le temps avançant, elle a calmé le jeu. Finalement, son discours est devenu inaudible et même son équipe de campagne s’y est perdue. Marine Le Pen a dû mettre de l’eau dans son vin pour tenter de séduire les indécis de l’entre-deux-tours. Lors de sa conférence de presse avec Nicolas Dupont-Aignan, elle déclarait que la sortie de l’euro n’était « pas un préalable à toute politique économique. » Un revirement de taille qui a brouillé les pistes. 

 

  • Parce qu’elle a raté sa campagne

Le 26 avril, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont, tous les deux, rendus à l’usine Whirpool d’Amiens. Le jour même, il était assez difficile de se défaire de l’embrouillamini de la communication. D’autant que Marine Le Pen semblait avoir pris le dessus : elle était arrivée à Amiens sous les applaudissements et a pris des photos avec les employés, tandis qu’Emmanuel Macron est entré sur le parking de l’usine sous les sifflets et a eu bien du mal à débattre avec les employés. Mais au fur et à mesure, le déroulement de cette journée est devenu de plus clair : Emmanuel Macron avait décidé de se rendre à l’usine avant d’avoir connaissance du déplacement de son adversaire. ll a ensuite été reproché à Marine Le Pen d’avoir seulement passé moins d’une demi-heure avec les ouvriers. 

 

  • Parce que Nicolas Dupont-Aignan

Le ralliement du leader de Debout la France en a surpris plus d’un. Il n’avait pas hésité à critiquer vivement la candidate du Front national pendant la campagne et vice-versa. Les tractations entre les deux politiciens ont été perçues comme une trahison par les soutiens de Nicolas Dupont-Aignan. Les démissions se sont enchaînées dans son parti dont son vice-président, Dominique Jamet. La présidente du Front national n’a pas réussi à rassembler, notamment chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Malgré des appels du pied évidents, la consultation des Insoumis a démontré qu’ils étaient plutôt près à s’abstenir – même si l’option « voter pour Marine Le Pen » ne faisait pas partis des choix proposés.

 

  • Parce que Trump a gagné

La victoire de Donald Trump n’a peut-être pas profité à Marine Le Pen. En effet, elle a permis aux électeurs français de constater les effets d’une politique populiste. Le président qui vient de fêter ses 100 jours à la Maison Blanche est de plus en plus controversé. Donald Trump doit faire face à une popularité à moins de 45%, soit l’une des plus faibles depuis cinquante ans. Et un spot de publicité bien senti ne suffira pas à redorer son premier bilan.

 

 


 

En Europe, le Brexit a peut-être effrayé les électeurs français qui ne semblent pas être si nombreux que ça à vouloir sortir de l’Union européenne. Le « plafond de verre » a encore une fois freiné l’élection d’un leader d’extrême droite, comme ce fut le cas aux Pays-Bas et en Autriche. Le néerlandais Geert Wilders promettait d’interdire l’accès des Pays-Bas aux immigrants musulmans, d’interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées. En Autriche, Norbert Hofer a perdu face au candidat écologiste Alexander van der Bellen après sa campagne ouvertement anti-islam.

Inès El Kaladi et Iris Ouedraogo

 

 
   

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