Les médias se rebellent et boycottent le Front national

 

EN CAMPAGNE. Alors qu’une quinzaine de médias se sont vu refuser l’accès à la soirée électorale organisée par le Front National dimanche soir, quelques-uns des principaux titres d’informations comme Libération, le Monde et l’Obs lancent un mouvement de boycott. Les journalistes d’Au Charbon ont également fait les frais du rapport tumultueux du parti d’extrême-droite avec la presse.

 

Mauvais perdants? Au Chalet du Lac , à Vincennes, il n’y aura malheureusement « pas assez de place » ce soir, pour accueillir les journalistes de nombreux médias qui souhaitaient couvrir la soirée électorale du Front National. Mediapart, Rue 89, Quotidien, Buzzfeed, Streetpress, Brut, Konbini, Charlie Hebdo, Les Jours…  Tous se sont vu refuser leur demande d’accréditation, précieux sésame afin de passer la soirée en compagnie du noyau dur des frontistes.

 

“Ces mesures antidémocratiques doivent cesser”

Le parti d’extrême droite est connu depuis toujours pour ses relations tumultueuses avec les médias. Il blackliste systématiquement Mediapart et a multiplié les attaques contre la presse lors de cette campagne électorale. Mais l’hostilité envers les journalistes n’avait jamais pris une telle ampleur, comme le fait remarquer Libération, à l’origine du boycott de la soirée électorale. « Cette fois, c’est une dizaine de titres qui ont été interdits de faire leur travail », note le quotidien. Pour le directeur adjoint du quotidien, Johan Hufnagel,  « ces mesures antidémocratiques et contraires à la liberté d’expression doivent cesser, comme l’intimidation des journalistes dans les meetings. »

Un autre journaliste a indiqué vers 19h ce dimanche qu’il s’était  « fait sortir par la sécurité » à coups de genou durant la soirée Front National.

 

Les Inrocks, Le Monde et l’Obs se sont joints à ce mouvement de protestation. « En solidarité avec les médias concernés, nous avons décidé de ne pas être présents à cette soirée électorale. Cette décision ne nous empêchera pas de continuer à couvrir le Front national avec les mêmes exigences journalistiques », précise ainsi le quotidien Le Monde.

Une initiative qui a fait des émules à l’international. La RTBF, principale radio d’information belge, a ainsi annoncé qu’elle ne ferait plus de direct du QG du FN en soutien aux médias français.

 

Au Charbon empêché de travailler

Les journalistes d’Au Charbon ont également eu quelques déboires avec le Front national tout au long de cette période électorale. Ni la ruse, ni l’honnêteté ne nous auront permis de nous introduire à la sauterie organisée au bois de Vincennes. « Bonsoir, ce sera malheureusement impossible » : notre demande d’accréditation a reçu une fin de non-recevoir en cinq mots. Deux semaines auparavant, deux de nos journalistes s’étaient fait recaler à un meeting du parti à Hénin Beaumont, confondues par la sécurité avec… des militantes Femen.

Lors de ses vœux adressés aux médias pour 2017, Marine Le Pen exprimait des “inquiétudes” concernant le recul de la liberté des journalistes, un « élément consubstantiel de la démocratie » dans notre pays.

Gabrielle Trottmann

 
   

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