Ni patrie ni patron : la résistance des ni-ni

EN CAMPAGNE. 19 heures. À l’extérieur des Halles de Wazemmes, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées à l’appel du collectif « L’AG de lutte » de Lille, qui regroupe syndicalistes et antifascistes. Leur but : donner une voix aux abstentionnistes, à ceux qui ont refusé de trancher entre Marine Le Pen et Emmanuel. 

Dès notre arrivée, une fanfare donne le ton. L’ambiance est plutôt joyeuse, certains ont interrompu leur pause bière pour se joindre aux manifestants. Il y a de tout, sauf des soutiens aux deux candidats du second tour de la présidentielle. Mélenchonistes convaincus, abstentionnistes professionnels, anarchistes… Certains avouent même avoir glissé un bulletin Emmanuel Macron dans l’urne, comme Louis, électeur de Philippe Poutou au premier tour : « ça me dégoute un peu de l’avoir fait ». Une militante du mouvement français pour le revenu de base, a elle aussi voté pour l’ancien ministre de l’économie : « Je suis une trouillarde », s’amuse-t-elle. D’autres ne se sont pas résignés à voter « utile ». Antonin avoue avoir « flippé dans l’isoloir parce que je me souvenais de 2002. Mes parents avaient voté Chirac. »

Liam, lui, est un abstentionniste convaincu : « Je n’ai pas envie de cautionner ça, Le Pen ou Macron ce sont les deux faces d’une même pièce, sans aucune remise en cause du système », explique-t-il. Parmi ceux qui ont décidé de ne pas choisir, il y a aussi ceux qui ont voté blanc, comme Benjamin, qui espère ainsi être « plus pris au sérieux » que s’il s’était abstenu. « Je ne me sens représenté par aucun candidat », justifie-t-il.

À l’annonce des résultats, la déception est toute relative. « C’est mieux que l’autre, mieux que le racisme », soupire la militante du revenu de base. A côté d’elle, Vincent encaisse difficilement ce résultat: « 65% c’est trop, 65% de désespérés ». Il appréhende le quinquennat du président Macron, mais surtout ses conséquences : « Les fachos seront encore plus puissants dans cinq ». « Demain on sera tous dans la rue », renchérit un militante, qui a pourtant voté Macron « par dépit ».

Les manifestants présents sur place sont bien décidés à poursuivre la lutte. À 20 heures les premiers slogans et autres chants fusent : « Tout le monde déteste les banquiers », « tous les banquiers sont des batards, mon président est un batard »… Le message est clair.

 

Léa Guedj, Maïlys Khider et Timothée de Rauglaudre,

 
   

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