Les politiciens de carrière, une exception française

MISE AU POINT. Une ancienne avocate ou un ex-banquier à l’Élysée : le second tour de l’élection présidentielle détonne dans un pays habitué aux confrontations entre politiciens de carrière. Dans les États voisins de la France, avoir une vie avant la politique est beaucoup moins exceptionnel. 

 

Six ans pour l’une, quatre pour l’autre. La vie professionnelle des deux finalistes de l’élection présidentielle – Marine Le Pen était avocate, Emmanuel Macron banquier d’affaires – n’a pas duré longtemps. Mais leur expérience hors de la politique a été saluée en France comme un progrès par rapport à leurs prédécesseurs, politiciens « de carrière ». Le progrès est beaucoup plus discutable quand on le compare aux expériences professionnelles des dirigeants des pays voisins de l’Hexagone.

 

Paolo Gentiloni a été journaliste avant de se lancer en politique.

En Italie, le président du Conseil Paolo Gentiloni a par exemple travaillé neuf ans (entre 1984 et 1993) en tant que journaliste, avant de devenir porte-parole du maire de Rome Francesco Rutelli. Silvio Berlusconi, qui a dirigé à trois reprises le gouvernement transalpin, a lui eu une longue carrière d’homme d’affaires avant de créer son parti Forza Italia en 1994. Depuis 2011 et la fin de son mandat de président du Conseil, il a d’ailleurs repris ses activités commerciales.

En Suisse, l’actuelle présidente de la Confédération Doris Leuthard a été avocate de 1989 à 1999. Son prédécesseur Johann Schneider-Ammann – les mandats de président ne durent qu’un an en Suisse – a lui été entrepreneur pendant une vingtaine d’années.

 

Angela Merkel, chancelière après avoir été chercheuse pendant 11 ans.

Plus au nord, en Allemagne, l’immuable chancelière Angela Merkel (en poste depuis 2005) a eu une carrière de chercheuse avant la chute du Mur. De 1978 à 1989, elle travaille à l’Académie des Sciences de Berlin-Est. On ne lui connaît alors aucune affiliation politique, dans un régime où la partisanerie peut être dangereuse.

 

May et Rajoy, politiciens de (presque) toujours

Le Royaume-Uni et l’Espagne sont gouvernés par une ancienne banquière (Theresa May, de 1977 à 1997) et un ex-conservateur des hypothèques (Mariano Rajoy, à la fin des années 1970).

Ces expériences professionnelles n’ont toutefois pas été clairement séparées des activités politiques. Theresa May devient conseillère d’arrondissement dès 1986 à Merton (district londonien) et son homologue ibère accède à la députation (en Galice) dès 1981.

 

Bettel et Michel, la politique dans la peau

Au Luxembourg, le Premier ministre Xavier Bettel est un politicien « pur jus ». Entré en politique à la fin des années 1980, il gravit les échelons – avec un petit détour par le barreau au début des années 2000 – jusqu’à pousser Jean-Claude Juncker vers la sortie, en 2013.

 

Xavier Bettel est membre du Parti démocratique (DP) depuis ses 15 ans.

Quant au Premier ministre belge Charles Michel, il se rend célèbre en devenant le plus jeune ministre de l’histoire de la politique belge en 2000 – il entre alors au gouvernement wallon. Le Luxembourg et la Belgique ont donc une culture politique assez proche de l’Hexagone en matière d’expérience professionnelle des dirigeants.

Les cinq autres dirigeants des pays voisins de la France ont, à des degrés divers, eu une vie en dehors de la politique. Quel que soit le résultat du deuxième tour de la présidentielle, l’Hexagone offrira un sixième larron à la bande.

Damien Gaudissart

 
   

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